Familles BINET (Tours) - BRICONNET (Tours) - BEAUNE (de)
(Tours) - DU PRE, de
Cossigny, Passy
Des corrections ou compléments ? 
Sommaire:
Biographies mise en
généalogie - il peut y avoir des fautes de
retranscriptions.
Source: Laurencin
Les Binet se rattachent
à une vieille famille tourangelle dont les noms apparaissent
au cours de la seconde moitié du XIVe
siècle. Deux changeurs portant ces noms sont Raoulet et
Robin attestés entre 1361 et 1390.
I. Jean BINET,
lieutenant général de Touraine et à son fils
Jean époux de Jacquette Ruzé
II. Jacques BINET,
écuyer de cuisine du roi, époux de Marie de PONCHER en
1464, est anobli en 1471. Gouverneur du château de Tours en
juillet 1461, en remplacement d'Antoine d'Aubusson, il figure parmi
les soixante-seize élus de la municipalité de Tours
créée le 7 octobre 1462. Seigneur de Valmer, d'Andigny,
des Tourelles et de la Guinière, on lui attribue en partie la
construction de l'hôtel familial dans la seconde moitié
du XVe siècle. Son portrait a été
peint par Jehan Fouquet. Jacques Binet serait né vers 1439.
d'où
1.
Etienne Binet, juge et lieutenant général au bailliage
de Tours épouse Jeanne Beauvalet, fille de Julien, marchand
connu à Tours. Avec sa femme, il est membre de la confrérie
Saint-Gatien et de bien d'autres encore. En 1502, il est parmi les
procureurs et défenseurs des Minimes au temporel. D'où
a.
Guillaume Binet, fils d'Etienne Binet et de Jeanne Beauvalet, fut
chanoine de la cathédrale de Tours et curé de
Saint-Saturnin
2.
Patrice Binet. marchand, homme de confiance de la reine qu'il suit
dans la plupart de ses déplacements et qu'il fournit en draps
de soie, perles et diamants, est marchand de l'argenterie. Lui aussi
est très lié à l'ermite du Plessis, François
de Paule qu'il visite souvent, comme l'atteste le témoin 39 du
procès canonique. Ancien valet de chambre du roi Louis XI,
il épouse Catherine Bernard, fille de Jean Bernard et
de Catherine de Beaune.
3.
Raoult/Arnoul Binet, sieur de Beauregard, époux de Marie
Mignel d'où
a.
Jean Binet, seigneur des Tourelles et chanoine de Saint-Gatien de
Tours
4.
Macé qui suit III.
7.
François (1472-1524). Septième fils des seize enfants
de Jacques Binet, gouverneur du château de Tours et de Marie
Poncher. François Binet est né à Tours en 1472.
Après des études à Paris, il entre à
l'abbaye de Marmoutier près de Tours puis en devient le grand
prieur. La tradition veut qu'il ait mené une vie religieuse
des plus lâches au point de donner l'exemple de son inconduite,
pratiquant la chasse et le jeu avec les gentilshommes de la cour de
Plessis-lès-Tours. La fréquentation de l'ermite
calabrais du Plessis, François de Paule le mène sur le
chemin de la conversion racontée par Dom Martène dans
son histoire de Marmoutier et par François Binet lui-même.
La rencontre avec l'ermite semble avoir été préparée
par le religieux Germain Le Grand, un ami de Binet et surtout par
Olivier Maillard, auteur de L'instruction et consolation de la vie
contemplative et de Contemplation sur la salutation angélique,
désireux d'étendre la réforme bénédictine
entamée au monastère berrichon de Chézal-Benoît.
C'est lui qui facilite l'entrée de François Binet dans
la solitude de l'ermite, en dépit de l'opposition de Guy
Vigier, abbé du monastère de Marmoutier. François
Binet est donc reçu par François de Paule au
Plessis-lès-Tours ; il y est accueilli avec bonté par
l'ermite qui « l'embrasse », le réconforte et «
l'entretient des instabilités et des vanités du monde,
des joies du paradis et du plaisir qu'on trouve à servir Dieu
». François Binet, aux goûts jusqu'alors mondains,
partage les « pois, racines cuites avec de l'eau et du sel, à
quoi on a ajouté un peu d'huile à sa considération
» ; et il « couche sur la paille ». L'abbé
de Marmoutier, Guy Vigier, s'oppose d'abord à ce que le
bénédictin François Binet prenne l'habit de
l'ermite. Sa résistance n'est vaincue qu'au prix d'un
arbitrage rendu par les docteurs de l'université et des
franciscains. Les railleries s'abattent sur François Binet. Il
résigne alors sa charge de grand prieur de Marmoutier et
rejoint François de Paule à l'hospice de Saint-Mathias
où vit l'ermite de Calabre, dans la basse-cour, près de
l'enceinte royale du château du Plessis à l'extrémité
du pont-levis. C'est l'archevêque de Tours, Robert de
Lenoncourt, qui, en 1501, revêt François Binet de la
bure des ermites en présence de François de Paule. I!
est un de ses confidents et conseillers, notamment pour la rédaction
de la règle de l'ordre des Minimes, qu'il adresse au pape pour
obtenir l'approbation. Après la mort de François de
Paule, François Binet est élu correcteur général
de l'ordre lors du premier chapitre général tenu à
Rome en 1509. Au chapitre générai de Tours en 1511, le
tourangeau Germain Lyonnet lui succède. En 1513, il est réélu
correcteur général et confirmé dans ces
fonctions par le chapitre généra! de Toulouse en 1514.
Remplacé par le tourangeau François Cerdon, il est
réélu au chapitre général de
Nigeon-lès-Paris pour la dernière fois. Il s'occupa à
Rome d'obtenir la canonisation de François de Paule qui a lieu
le Icr juillet 1519 dans l'ancienne basilique Saint-Pierre par le
pape Léon X. Il meurt à Rome
au couvent de la Trinité-des-Monts en 1520 (selon Moréri
et Chalmel) ou en 1524 selon Dom Martène. Louis Doni
d'Attichi. minime et évêque d'Autun a écrit sa
vie dans son Histoire de l'ordre des Minimes en 1624.
8.
Jean Binet devient abbé de Saint-Julien de Tours le 31 mai
1515 en remplacement de Jean de Quédillac ; il meurt vers
1530.
III. Macé BINET.
Il fut autorisé par le Pape, en considération de ses
mérites, à manger de la viande les jours defendus avec
6 personnes de son choix. Il était membre de la compagnie qui
tient la boutique de l'argenterie du roi avec Regnault Briçonnet,
Martin Famé et Jacques de Beaune, formée avant le 1er
octobre 1493, au capital de 90 000 livres. Il s'allie à Jeanne
Briçonnet, fille de Jean Briçonnet le Jeune dit Patron,
marchand. Il semble avoir vécu jusqu'en 1530 et avoir
transformé le logis familial gothique selon le style de la
Renaissance x Jeanne BRICONNET d'où
1.
Jean (fin du XVe siècle-milieu du
XVIe siècle). Jean Binet, fils aîné
de Macé Binet et de Jeanne Briçonnet, épouse en
1507 Jeanne de la Lande puis en secondes noces, en 1528, Isabeau de
Fromont. Seigneur d'Andigny sur la paroisse de
Saint-Etienne-de-Chigny (1507), de Valmer à Chançay,
des Vaux, de la Picardièrc et de Vaumorin à Chançay
(1523), de File-Barbe et de Launay à Limcray, des Tourelles à
Fondettes, il est maître d'hôtel du roi et de la reine de
Navarre, puis receveur général du Berry eî
trésorier des finances du duc d'Alençon (1523). Jean
Binet est nommé maire de Tours en novembre 1524 et succède
à Jean Papillon pour un an. A l'origine de la construction de
l'église du Vieux-Bourg à Saint-Etienne-de-Chiny, il
est représenté avec sa femme sur un vitrail. Sept
enfants sont issus de son mariage avec sa première épouse,
Jeanne de la Lande.
2.
Jean Binet, fils cadet de Macé Binet et de Jeanne Briçonnet,
frère du précédent, est seigneur de Nitray à
Athée (1531), de Montifray à Beaumont-la-Ronce, de la
Borde et des Grandes-Ortières à Monts (1543). Il
devient maire de Tours en 1543-1544 et fait édifier le château
de Nitray. De sa femme, Marie Lopin, il a trois fils : Pierre époux
de Catherine Dupré : Jérôme seigneur des Baudes,
maire de Tours en 1600, époux de Anne Gautier et de Marie
Philippeaux en secondes noces et Louis Binet marié à
Marie Gautier d'où
a.
Jérôme (fin du XVIe siècle-milieu
du XVIIe siècle). Jérôme
Binet, fils cadet de Jean Binet (maire de Tours en 1543) et de Marie
Lopin, est seigneur des Baudes à Fondettes (1650) et de
Bas-Cousse à Vernou (1635). Il épouse en premières
noces Anne Gautier puis se remarie avec Marie Philippeaux. Jérôme
Binet devient maire de Tours en 1600 pour un an en succédant à
Jean Tardif. On lui doit la destruction du port et de la porte de la
Guerche, l'accord pour l'établissement à Tours du
couvent des Capucins.
Biographies mise en
généalogie - il peut y avoir des fautes de
retranscriptions.
source: Laurencin, dico
bio Touraine.
Biblio: Bernard
CHEVALIER: Tours, ville royale 1356-1520, Paris-Louvain, 1975 -
Claude BASSEREAU : Jean Briçonnet et Jean Briçonnet le
Jeune, bourgeois de Tours et financiers au XV
siècle, Tours, 1951 - Guy BRETONNEAU : Histoire
généalogique de la Maison des Briçonnet, Paris
1620.
Attention les
filiations sur les trois premiers degrés sont contradictoires
suivant les arbres que l'on trouve sur internet.
Les Briçonnet
appartiennent à l'une des plus célèbres et des
plus influentes familles tourangelles du début du XVe
siècle au début du XVIe
siècle. Au service des rois installés en
Touraine, elle figure au tout premier rang d'un quinzaine de familles
locales parvenues au sommet de la puissance et de la gloire. D'abord
voués aux activités commerçantes, les Briçonnet
les abandonnent peu à peu pour devenir trésoriers et
receveurs généraux selon le schéma qui
s'applique aussi aux Bérard, Beaune, Berthelot, Bohier. Ruzé,
Binet, etc. C'est Jean Bourré, l'ami et le confident du roi
qui permet aux Briçonnet de se hisser au premier rang de la
société locale et de l'entourage royal. Une telle
ascension suscite bien des jalousies et des rancunes tenaces, comme
le remarque Philippe de Commynes dans ses Mémoires en notant
que le jeune roi Charles VIII « était craintif de
déplaire à ceux à qui il donnait crédit
et spécialement à ceux qui menaient ses finances comme
ledit-cardinal (Guillaume Briçonnet), ses frères et ses
parents ». Le premier membre de cette famille mentionné
dans les actes, sous le roi Louis VI, est un seigneur possédant
un château sur les rives de la Loire, vivant de brigandages et
rançonnant les marchands traversant le fleuve. Le roi s'empara
du château, le fit raser et confisqua les terres. A la fin du
XIVe siècle, sous Charles V,
le nom réapparaît en la personne de Bertrand
Briçonnet, bourgeois de Tours, chevalier et maître des
requêtes de l'Hôtel du roi. On trouve encore en 1368 un
Jean Briçonnet, procureur des habitants de Selles,
Saint-Aignan et Valençay, de nouveau attesté vers
1386-1395 et qui semble être l'époux de Jeanne Carré,
fille du changeur ; et en mai 1387, un autre Jean Briçonnet,
clerc de la chapelle du duc de Touraine. Enfin, un autre Bertrand
Briçonnet, marchand chaussetier et juge-mage de Touraine.
Enfants de Pierre ou
Jean Briconnet (Tableau in Laurencin, en contradiction avec les
biographies))
1.
Bertrand +1484
2.
Pierre chanoine
3.
Perrine x Charles AYROLDE
4.
Jeanne x Jacques BOUHALLE
5.
Marie x Geoffroy TRAVERS
6.
Jean l'ainé 1420-1493 Jeanne BERTRELOT
7.
André +1472 x Nicole BONNARD d'om 4 filles
8.
Jean Le jeune 1430-1502 x1. Catherine de BEAUNE x2. Jeanne de
Neufbourg
I. Bertrand BRIÇONNET
marchand chaussetier à Tours d'où
II. Jean BRIÇONNET
procureur des habitants de Selles, Saint-Aignan et Valençay,
de nouveau attesté vers 1386-1395 x Jeanne CARRé fille
du changeur d'où
1.
Pierre qui suit III.
2.
Jean qui suit IIIbis.
III. Pierre BRIÇONNET
+1438. La filiation de Pierre Briçonnet est longtemps demeurée
obscure. Il semble acquis qu'il s'agit d'un fils de Jean Briçonnet
et de Jeanne Carré et sans doute du petit-fils de Bertrand,
marchand chaussetier à Tours. Il est receveur de Touraine
d'octobre 1419 à octobre 1421, très versé dans
les affaires financières. Avant 1423, il est procureur du roi
en ses Chambres des Comptes et des Monnaies. Tabellion de 1417 à
1423 environ, il est élu des aides de la ville de Tours en
mars 1424. Comme élu de la ville pour l'exercice 1422-1423, il
participe aux Etats Généraux de Languedoïl réunis
par Charles VII à Selles en Berry du 12 août au 23
septembre 1423. Il remet au roi une supplique pour exempter la ville
de Tours de l'impôt municipal sur le vin (l'apetissement) pour
trois années et de guet et garde bourgeoise. Sa démarche
est couronnée de succès. Le 6 août 1428, le roi
le nomme élu à Tours sur le fait des aides levées
pour la guerre. En dépit d'un procès qui lui est fait
par le bailli de Touraine, les gens d'Eglise et les bourgeois sur sa
gestion des deniers de la cité, il est nommé le 8
octobre 1429 auditeur des comptes du receveur de la ville. Dans un
texte de 1436 il est qualifié de « bourgeois ». Le
8 janvier 1437 il est élu par les bourgeois de Tours membre
d'un conseil de douze habitants chargé de délibérer
sur les affaires de la cité et de conseiller les élus.
Il meurt en 1438. d'où
IV.. Jean BRIÇONNET
le Jeune (vers 1430-1502). Surnommé Patron, c'est le quatrième
fils de Pierre Briçonnet (mort en 1438). Il épouse
Catherine de Beaune, fille de Jean de Beaune, un des plus gros
négociants du royaume et un des partisans de la renaissance
économique de la France sous Louis XI.
Devenu veuf, il se remarie à Jeanne de Neufbourg.
Brasseur d'affaires, moins intéressé par les charges
administratives que par le grand négoce, c'est le type même
du gros marchand tourangeau. Il s'associe à son beau-père
Jean de Beaune pour le commerce des draps de soie, d'or et d'argent
et divers articles de luxe. En 1451 il est mentionné dans les
textes comme fermier de la traite des vins d'Anjou. En 1476 il se
présente pour la soumission de la traite du sel pour 14 200
livres tournois. Louis XI l'envoie à
Berne à la fin de juillet 1470 pour nuire aux intérêts
des Bourguignons et obtenir à tout le moins la neutralité
des cantons suisses dans la lutte entre la France et la Bourgogne. Il
réussit ainsi à conclure une alliance défensive.
Le roi l'envoie ensuite en Angleterre avec Jean de Beaune et une
cargaison de draps d'or, de soieries, d'épices et de toiles
fines valant 25 000 écus pour conclure en février 1471
un accord commercial permettant aux marchands anglais de vendre
librement leurs draps en France et aux produits français de
s'exporter Outre-Manche. En 1477, Louis XI
l'appelle pour régler le différend avec les
bourgeois d'Arras dont la ville a été annexée au
royaume le 8 mai. Il joue surtout le rôle de premier plan dans
les affaires de la ville de Tours. C'est grâce à ses
initiatives que peut être fondée à Tours une
manufacture de soies. Répondant à la volonté
royale, il parvient à vaincre la résistance des
Tourangeaux et à loger les soyeux venus de Lyon. De 1485 à
1492, il est receveur général des finances en Languedoc
(charge qu'il abandonne à son fils aîné
François), après avoir été receveur des
aides et tailles dans l'élection de Paris. En novembre 1462 il
est échevin de la ville de Tours. Il accède ensuite aux
fonctions de maire de novembre 1469 à octobre 1470. Jean le
Jeune est au nombre des membres de la délégation du
corps de ville venue remettre les clefs de la cité au nouveau
roi Louis XII à Montilz-sous-Bois en 1498 et il assiste à
l'entrée solennelle du monarque dans la ville le 24 novembre
1500. Comme la plupart des Briçonnet, Jean le Jeune multiplie
les fondations pieuses. En 1474 il est reçu membre associé
de la confrérie de l'œuvre de Saint-Gatien. C'est grâce
à son initiative qu'en 1470 est enfin réalisée
la fusion et l'union dans la ville de Tours des petites écoles.
Il meurt en février 1502. d'où
1.
BRIÇONNET François (?-1504) Fils aîné de
Jean Briçonnet le Jeune, il lui succède en décembre
1492 dans sa charge de receveur des aides de Paris qu'il exerce
jusqu'à sa mort en 1504. A cette fonction, il ajoute en 1500
celle du maître de la Chambre aux deniers du roi. En 1495, il
est receveur général des finances de Languedoïl et
cette charge lui est conservée jusqu'à sa mort. Echevin
de la ville de Tours, il en devient le maire du 1er novembre 1499 au
31 octobre 1500. En février 1499, il achète pour 7 629
livres les terres et seigneurie de Candé dans la vallée
de l'Indre à Jean Bonin. Il y fait édifier le château
vers 1503. Il meurt le 20 avril 1504. Seigneur de Candé, de
Leuville et de la Kaërie, François Briçonnet
épousa Denise BOUCHER D'ORSAY.
2.
Jean Chanoine
3.
Adam chanoine
4.
Marie x Jacques LE ROY
5.
Perrine x Jean de PONCHER
6.
Catherine x Jean GEORGET
7.
Jeanne x Macé BINET
IIIbis. Jean BRIÇONNET
+1447 x Jeanne BELLETEAU d'où
1.
BRIÇONNET Bertrand (?-vers 1484) Fils de Jean Briçonnet
et de Jeanne Belleteau, il est notaire et secrétaire des rois
Charles VII et Louis XI, maître des
requêtes du roi, chargé de missions diplomatiques
importantes. En 1459, il est ambassadeur extraordinaire de Charles
VII auprès des cantons suisses. Il est investi des mêmes
fonctions en 1462 en Angleterre pour signer une trêve et en
Ecosse pour conclure des alliances; puis en Espagne en 1470. Honoré
de la confiance royale, Bertrand Briçonnet est envoyé à
Perpignan en 1463 afin de prendre la ferme des aides et enquêter
sur les fraudes commises. En 1468, il participe aux négociations
entre le roi Louis XI et François
II, duc de Bretagne, en vue de prolonger les trêves. Certains
historiens supposent qu'il devient clerc à la mort de sa
femme. Les dates de sa naissance et de sa mort sont incertaines. Il
semble cependant que sa mort se situe autour de l'année 1484.
Son fils Jean fut conseiller-clerc à la cour du Parlement de
Paris en avril 1492.
2.
Jean dit l'ainé qui suit IV.
3.
André Fils de Jean Briçonnet et de Jeanne Belleteau,
André Briçonnet paraît être le frère
ou à défaut le cousin de Jean l'Aîné. Sa
naissance se situe vers 1430. Commerçant en grains, il devient
notaire et secrétaire de Charles VII comme son frère
Bertrand vers 1450-1452. Le 7 avril 1453, il prend à bail pour
trois ans le greffe royal de Tours. On le retrouve à Caen en
septembre 1462 aux côtés de Louis XI
venu veiller au passage de Marguerite d'Anjou en Angleterre.
La même année, il assiste son frère Bertrand dans
une mission en Angleterre. Par lettres patentes du 25 octobre 1465,
le roi lui confie l'office d'argentier pour un an. Du 14 décembre
1466 au 31 décembre 1471, il est chargé de la direction
de la Chambre des deniers (paiement des dépenses royales de la
bouche). Il épouse Jeanne (ou Nicole) Bonnard. On ignore la
date de sa mort.
IV. Jean BRIçONNET
dit l'ainé °v1420 +1493 x Jeanne BERTHELOT. Ce troisième
fils de Jean Briçonnet, élu des aides de la ville de
Tours (mort en 1438) est né vers 1420 sur la paroisse
Saint-Clément. Il représente et symbolise au mieux la
réussite de la famille qui, déjà solidement
installée dans le monde de la finance, parvient de cette
manière à se hisser au rang des grands serviteurs du
roi. Son mariage ne fait que conforter sa position et ses liens avec
les comptes et la haute administration. Il épouse en effet
Jeanne Berthelot, fille de Jean Berthelot, changeur, marchand de sel,
receveur de la ville de Tours, trésorier et maître de la
Chambre aux deniers du roi. A la fin de l'année 1439 il
apparaît déjà dans les actes comme auditeur des
comptes de la ville de Tours. En avril 1445, Jean (ou Jehan) l'Aîné
est envoyé en mission auprès de Charles VII pour
obtenir en faveur de Tours le rabais de la taille et l'exemption du
logement des gens de guerre. Fidèle au roi lors de la Guerre
du Bien Public, il se voit confier des missions de confiance. Du 14
décembre 1466 au 31 décembre 1475 il est receveur
général des finances en Langue-doïl. A la suite de
la condamnation de Jacques Cœur le 28 mai 1453 il est désigné
pour veiller à la garde, à l'administration et à
la vente des biens séquestés du financier berrichon et
l'on sait, d'après le testament de Jeanne Berthelot, que Jean
l'Aîné a reçu plusieurs biens appartenant au
financier déchu. Depuis 1462 il est receveur des aides et
tailles de Tours, puis de Touraine en 1480. En mai 1474, Louis XI
le charge de s'occuper de la reconstruction du mur d'enceinte
du château du Plessis-lès-Tours. Mais à la mort
du roi, en août 1483 (qu'il annonce le premier par une lettre
aux Parisiens) une relative disgrâce semble le frapper. Il se
consacre alors à l'administration locale. Dès 1447 il
figure parmi les élus de la ville de Tours, en troisième
position. Le 27 juillet 1461 l'assemblée de la ville le
choisit comme échevin. Louis XI, en
1462, accorde à Tours et aux bourgeois des privilèges
et réforme l'administration de la cité en créant
un conseil de vingt-quatre cchcvins et en institutant l'élection
annuelle du maire en dépit de l'opposition des chanoines.
C'est à ce titre que le 8 octobre 1462 Jean l'Aîné
est élu maire de Tours à l'unanimité jusqu'au 31
octobre 1463. Il devient ainsi le premier maire de la ville. A
l'occasion de la tenue à Tours des Etats Généraux
du royaume du 15 janvier au 7 mars 1484, sous Charles VIII, ii figure
parmi les huit élus de la ville à l'assemblée
préalable ; mais il est écarté de l'élection
à l'assemblée définitive. S'agit-il d'une
manifestation de disgrâce ? Anobli par lettres personnelles en
juin 1475, bien que sa charge de maire lui ait en principe déjà
conféré la noblesse, il meurt le 30 octobre 1493 à
Tours et est inhumé dans l'église Sainte-Croix. De ses
six enfants, un, Guillaume II, devient cardinal et un autre, Robert,
archevêque de Reims et chancelier du royaume. Jean l'Aîné
est chargé de veiller à la reconstruction du château
de Langeais de 1465 à 1467 près du vieux donjon
médiéval. Il possède l'hôtel Briçonnet
rue du Change, demeure des maires de Tours. Surtout, il fait
construire, à la place d'une chapelle ancienne destinée
aux pèlerins de Saint-Martin, l'église Saint-Clément
et en finance la réalisation. Symbole de cette ascension
personnelle et familiale, le blason de ce premier maire de Tours
gravé dans cette église : d'azur à la bande
componée d'or et de gueules, avec une étoile d'or en
chef et un croissant d'argent en pointe.
d'où
1.
Guillaume +1477. Ce fils aîné de Jean Briçonnet
l'Aîné et de Jeanne Berthelot épouse Jeanne
BRINON, fille d'un avocat au Parlement de Paris. Il est reçu
conseiller en ce parlement en 1470. Mort jeune, il est inhumé
le 30 juin 1477 dans l'église Saint-Séverin à
Paris. De lui descend la branche aînée des Briçonnet.
Il laisse six enfants d'où
a.
Jean +1538 conseiller au Parlement
b.
Guillaume sgr de Glatigny receveur du Maine x Claude de LEVEVILLE
c.
Jean trésorier du roi de Naples
d.
Michel qui succède en 1514 à son oncle Guillaume,
cardinal, comme évêque de Nîmes
e.
Perrenelle x Olivier BARRAULT
f.
Regnault ou Reynault +1510 Cinquième et dernier fils de
Guillaume Ier et de Jeanne Brinon, Regnault
(ou Reynauld) Briçonnet fonde à Tours dans les
dernières années du XVe siècle.
une association de plusieurs bourgeois pour le monopole de la vente
des draps et du linge à l'Hôtel du roi en compagnie de
Jean de Poncher. Puis il se retire de cette société qui
fait faillite en 1499. En décembre 1493, il remplace son
grand-oncle Pierre comme argentier du roi et en 1500 il est receveur
des aides et tailles de Touraine. Il meurt en 1510 sans postérité.
Il avait épousé Madeleine de CHAMPROND.
2.
Jean +1477 BRIÇONNET. Troisième fils de Jean Briçonnet
l'Aîné, il figure en 1468 pour la première fois
dans les actes comme procureur de son père qu'il représente
à Paris devant la Chambre des Comptes. En 1472 il est
secrétaire-notaire du roi Louis XI et
receveur de Touraine. Célibataire, et peut-être clerc,
il meurt à Tours le 26 août 1477 et est inhumé
dans l'église Sainte-Croix. Des généalogistes en
font le second fils de non le troisième de Jean Briçonnet
l'Aîné.
3.
Martin +1502. Quatrième fils de Jean Briçonnet l'Aîné,
il est destiné dès l'origine à la carrière
ecclésiastique. Son père, dit-on, l'avait promis à
saint Martin dans le cas où naîtrait un garçon et
où sa mère serait sauvée à la suite de
couches difficiles. Sa formation se déroule à l'école
du chapitre de Saint-Martin de Tours. Il est reçu bachelier
puis docteur en théologie, Ordonné prêtre, il est
nommé curé de Notre-Dame-la-Riche en 1475, chanoine de
Sainte-Maure la même année puis de Saint-Martin de Tours
en 1484. Anobli en décembre 1480, il devient grand archidiacre
de Reims vers la fin de sa vie. Il meurt le 5 septembre 1502 et est
inhumé dans le chœur de la collégiale
Saint-Martin devant l'autel. Certains généalogistes en
font le troisième fils de Jean Briçonnet l'Aîné.
4.
Robert +1497. Cinquième fils de Jean Briçonnet l'Aîné.
Robert Briçonnet est né à Tours à une
date inconnue et comme son frère Martin, il est destiné
à la carrière ecclésiastique. Licencié en
droit canon et en droit civil, il est pourvu en 1475 d'un canonicat à
Saint-Martin de Tours et devient le prévôt du chapitre
abbatial. Vers 1480, le roi Louis XI l'appelle
à Paris comme desservant de la Sainte Chapelle. Abbé de
Saint-Waast d'Arras en 1489, il devient en 1490 président de
la Chambre des Enquêtes et en 1494 président de la
Chambre des Comptes. En 1493 il est élu par le chapitre
cathedral archevêque de Reims. Son élection est
confirmée par le pape Alexandre VI en mars 1494. Comme tel, il
devient duc et premier pair de France, Il accompagne Charles VIII en
Italie et reçoit en 1495 la charge de chancelier de France.
C'est en cette qualité qu'il dissuade le roi d'ériger
un parlement à Tours. Rentré en France à la fin
du mois d'août 1495, il abandonne son office de président
de la Chambre des Comptes au profit de son neveu Guillaume, évêque
de Lodève. Il meurt à Moulins le 3 juin 1497 et est
inhumé dans l'église collégiale de Notre-Dame.
5.
Guillaume °1445 +1514 qui suit V
6.
Pierre +1509. Sixième et dernier fils de Jean Briçonnet
l'Aîné, on ignore tout de ses premières années,
et même la date de sa naissance. On sait pourtant que, jeune,
il quitte Tours pour s'embarquer à bord de galères en
Méditerranée, chargées d'importer des produtis
orientaux. Sa mère, dit-on, l'aurait encouragé à
devenir marin et à courir l'aventure. I1 renonce à
cette première vocation vers avril 1476, cesse tout commerce
et vient s'installer à Tours pour se lancer à la
conquête d'offices. Il est déjà notaire et
secrétaire du roi quand, le 26 juin 1478, il devient argentier
de Louis XI et maître de la Chambre
aux deniers du dauphin Charles en remplacement de Jean de Beaune. En
septembre 1482 il devient maître extraordinaire à la
Chambre des Comptes et en 1483 il s'occupe des obsèques du roi
Louis XI qui se déroulent à
Saint-Martin de Tours. En 1493, son frère Guillaume, élu
à l'évêché de Saint-Malo, lui cède
sa charge de général des finances du Languedoc. Le 18
août 1494, il part pour l'expédition d'Italie et c'est à
cette occasion qu'il reçoit le collier de l'ordre de
Saint-Michel. Charles VIII s'étant assuré de la
possession du royaume de Naples, Pierre Briçonnet reçoit
en récompense les seigneuries de Martina et de Francavilla. De
retour en Touraine, il devient maire de Tours pour l'exercice
1496-1497. Sous Louis XII en 1514 il retourne en Italie pour
participer à la guerre. Adoublé avant 1504, c'est en se
rendant une nouvelle fois en Italie qu'il trouve la mort à
Lyon en avril 1509. Il est inhumé à Orléans.
C'est lui qui accueille, au nom de Lous XI,
l'ermite calabrais François de Paule appelé à
vivre au Plessis-lès-Tours. Le roi le charge plus
particulièrement de la surveillance de l'ermite et de lui
procurer ce qu'il demande. Il rapporte au roi les moindres détails
de sa vie, ses longues heures d'extase et d'oraison, ses jeûnes
prolongés, sa vie d'oraison. Chargé en 1490 de la
construction du nouveau couvent des Minimes de Jésus-Maria, au
Plessis-lès-Tours, il en finance en partie l'œuvre sur
ses deniers personnels. Il devient le procureur et le défenseur
de cette communauté au temporel en 1502. Pierre Briçonnet
épouse Anne Compaing en 1496. d'où 6 enfants
V. Guillaume BRIçONNET
°1445 +1514 cardinal x Raoulette de BEAUNE. Né à
Tours en 1445, fils de Jean Briçonnet l'Aîné et
de Jeanne Berthelot, Guillaume est sans doute le plus connu et le
plus célèbre représentant de cette famille. Il
épouse Raoulette de Beaune, fille de Jean de Beaune, sœur
du surintendant Jacques de Semblançay et belle-sœur de
Jean Briçonnet le Jeune. De cette union sont issus cinq
enfants dont deux évêques : Guillaume évêque
de Meaux et Denis évêque de Saint-Malo. Par tradition
familiale, il se consacre d'abord au commerce notamment celui de
l'argenterie; en 1477. il vend à Louis XI
un diamant de 500 écus. En 1480, il entre directement
au service du roi comme conseiller, notaire et secrétaire des
finances. Il est en outre chargé de surveiller les ouvriers
soyeux installés à Tours par son oncle Jean Briçonnet
le Jeune. Il doit à son beau-père de Beaune d'avoir été
introduit dans l'entourage du dauphin Charles qui, une fois devenu le
roi Charles VIII, en fait son conseiller favori et son premier
ministre. En août 1483, il est nommé général
des finances en Languedoc ; en octobre, il s'adjoint les mêmes
fonctions en Provence, Dauphiné et Roussillon-Cerdagne. Membre
du Conseil dès 1484, il entre à ce titre dans
l'intimité des Beaujeu qu'il sert avec une constante fidélité.
En 1486, il dénonce Philippe de Commynes, son ennemi, et
contribue à son arrestation. Sa position lui permet d'obtenir,
en 1492, pour son fils Jean, l'office de conseiller au Parlement de
Paris. Veuf en 1487, il décide alors d'entrer dans les ordres
et Angelo Catto, archevêque de Vienne, médecin et
astrologue de Louis XI lui prédit
qu'il deviendra presque pape. Le 10 octobre 1493, il est évêque
de Saint-Malo. Principal conseiller de Charles VIII, il accompagne le
roi dans la guerre d'Italie et laisse à son frère
Pierre la charge de général des finances en Languedoc
et à son fils Jean celle du Dauphiné et de la Provence.
Habile manœuvrier, il extorque aux Médicis, lors de la
première campagne de Naples, 17 500 ducats. Son rôle
dans la politique italienne de Charles VIII semble avoir été
déterminant et certains historiens voient en Guillaume
Briçonnet l'instigateur de la conquête du royaume de
Napîes. A la demande de Charles VIII, le pape Alexandre VI le
crée cardinal le 16 janvier 1494 après la
réconciliation entre les deux souverains. Mais avec l'élection
en 1503 du nouveau pape Jules II, les relations entre Louis XII et le
pontife se détériorent. Le nouveau pape, alarmé
par la politique italienne de la France qu'encourage le cardinal
Briçonnet, obtient notamment l'alliance de Ferdinand à
qui il donne l'investiture du royaume de Naples. Un concile national
est réuni à Orléans puis à Tours en 1510.
Les prélats y déclarent que le roi peut combattre le
pape pour la sécurité de ses possessions et que les
censures prononcées contre lui sont sans valeur. Ils
affranchissent le royaume de France de l'obédience de Jules
II. Le 1er mars 1511, les évêques de France, réunis
à Lyon, font appel au concile général de
l'Eglise. Contre l'avis de Jules II s'ouvre alors à Pise un
concile, considéré comme schismatique. Il réunit
14 cardinaux, 15 évêques, des abbés, des députés
des universités de Toulouse et de Poitiers, quelques docteurs
de Paris. Dès l'ouverture, le 1er novembre 1511, le cardinal
Briçonnet est présent. Tandis que Jules II met
l'interdit sur le royaume de France et que les Pisans se soulèvent,
le concile poursuit ses réunions à Milan à
partir de janvier 1512. Le 19 avril, Jules II est cité à
comparaître; le 21 il est déclaré suspens par
eontumance. Les troupes françaises ayant dû quitter
Milan, le concile se transporte et achève ses sessions à
Asti puis à Lyon. Jules II prononce contre le cardinal
Briçonnet et d'autres prélats la peine
d'excommunication ; la dignité cardinalice lui est retirée
et le pape décide la réunion d'un concile général.
Ce Ve concile général du
Latran s'ouvre donc le 3 mai 1512 en présence de Jules II, de
1 5 cardinaux, des patriarches latins d'Alexandrie et d'Antioche, de
10 archevêques, de 56 évoques, d'abbés, des
ambassadeurs du roi Ferdinand, de Venise et de Florence, mais en
l'absence des prélats réunis à Pise. Il est
maintenu par le nouveau pontife Léon X qui
en prononce la clôture le 16 mars 1517. Les actes du concile de
Pise sont annulés et les excommunications sont confirmées.
La mort de Jules II le 21 février 15 ! 3 et la lecture, lors
de la huitième session, le 17 décembre 1513, d'un acte
de Louis XII désavouant le concile de Pise et adhérant
au concile du Latran favorisent le retour vers l'unité. Dès
la neuvième session, les prélats français font
leur soumission, adhérent au concile du Latran. Léon X
prononce alors l'absolution des censures prononcées.
Guillaume Briçonnet est rétabli dans ses dignités.
Le 19 décembre 1516, le concile condamne et révoque la
Pragmatique Sanction de Bourges ...du 7 juillet 1438 et approuve le
Concordat de Bologne d'août 1516. La carrière du
cardinal Guillaume Briçonnet ne s'en poursuit pas moins. Le 24
août 1497 il est devenu archevêque de Reims à la
mort de son frère Robert. Son élection a été
savamment préparée par la remise d'un écu d'or à
chaque chanoine. C'est en cette qualité queie 27 mai 1498 il
sacre le nouveau roi Louis XII à Reims assisté de ses
deux fils, Guillaume évêque de Lodève et Denis
évêque de Toulon. Auparavant, et pour une très
courte période, en 1496, il avait été élu
évêque de Nîmes. Abbé de Grandmont, il est
élu abbé de Saint-Germain-des-Près en septembre
1503, grâce à l'intervention de son fils qui lui succéda
dans cette fonction. Se contentant de percevoir les bénéfices
abbatiaux, il résigne très rapidement cette charge en
faveur de son fils Guillaume. En 1507, il devient lieutenant général
du roi en Languedoc. Puis il résigne l'archevêché
de Reims pour celui de Narbonne la même année. Le 25
août 1494, il est devenu garde des sceaux de Charles VIII et
chancelier en août 1495. Mais la mort du roi Charles en 1498
marque le début d'une perte de crédit au profit de son
compatriote Georges d'Amboise. En 1514, i! résigne son évêché
de Saint-Malo en faveur de son fils Denis tandis que celui de Nîmes
échoit à son neveu Michel. Puis il se retire dans son
diocèse de Narbonne ; il y meurt le 14 décembre 1514 et
est inhumé dans l'église Saint-Juste. Certains
contemporains l'on décrit adroit, fourbe et très
sincèrement ambitieux. L'ambassadeur de Florence en 1498 le
juge «non bene amici délie nazione nostra ».
D'autres, au contraire, ont vanté son zèle et ses
talents, soulignant qu'il était le véritable oracle
pour le roi Charles VIII. Son ennemi Philippe de Commynes lui
reproche ses origines roturières et son ascension fulgurante
au point que circulent contre lui libelles et chansons : « Du
fils d'un enfonceur de fesses, il (le roi) en fit un diseur de messes
! » Ce n'est que l'écho un peu brutal de la haine que
nourrissent contre lui les grands seigneurs comme Commynes. A Tours,
le cardinal Briçonnet possédait le bel hôtel où
il se rendait de temps à autre et qui fut celui de son père
Jean l'Aîné premier maire de la ville. On lui doit,
aussi l'achèvement ou la décoration selon le style de
la Renaissance de deux églises de Tours. D'abord l'ancienne
église Saint-Saturnin où Michel Colombe exécute
un bas-relief représentant la mort de la Vierge. Ensuite
l'église Saint-Clément construite grâce à
son père et complétée par une tribune à
rinceaux italianisants. Le tombeau de la famille Bohier-Briçonnet
a été exécuté par Jean Juste vers 1526 à
Saint-Saturnin. D'où
1.
Jean +1548 x Louise RAGUIN. Né vers 1470, ce Jean Briçonnet
est l'aîné des quatre fils de Guillaume . Il est d'abord
conseiller au Parlement de Toulouse puis à celui de Paris en
1492. Son père lui abandonne sa charge de général
des finances du Dauphiné et de Provence en 1493. En 1497 il
devient deuxième président de la Chambre des Comptes à
la place de son frère Guillaume III (évêque de
Lodève puis de Meaux) et il administre l'Hôtel-Dieu
jusqu'en 1540. Il meut en 1548 et il est inhumé dans l'égiise
Saint-Jean~de-Grève à Paris. Seigneur du Plessis, il
épouse Louise Raguin.
2.
Guillaume (1470-1534). Second fils de Guillaume II Briçonnet
et de Raoulette de Beaune, il est né à Tours en 1470
(ou 1471-1472). En 1486 il est inscrit au Collège de Navarre à
Paris. Ses maîtres qui auront par la suite une très
directe influence sur son comportement sont inspirés par le
souci de réformer l'Eglise : Jean Raulin, Louis Pinelie qui
dénonce les abus des indulgences, se montre partisan de la
réforme monastique et attaché à la dignité
des clercs, et le théologien Ludovicus Gailus. Le 24 avril
1489 il est pourvu de l'évêché de Lodève ;
mais, n'ayant pas atteint la majorité canonique, il ne porte
encore que le titre de comte de Montbrun attaché à
cette dignité. Il poursuit ses études théologiques
à Paris et a pour maître Josse Clichtove ; il est le
disciple de Lefèvre d'Etaples enseignant la philosophie au
collège du Cardinal-Lcmoinc. C'est à Orléans
qu'il fait ensuite ses études de droit. Avant 1489 il est
chanoine de Saint-Martin de Tours et le 4 novembre 1493 abbé
de Saint-Guilhem-le-Désert ; en 1495 il succède à
son oncle Robert dans la charge de président des Comptes. Son
père, le cardinal, lui obtient vite d'autres bénéfices.
Ainsi en 1496 il devient grand aumônier de l'épouse de
Char-les VIII, la duchesse Anne de Bretagne. Il obtient une prébende
au chapitre cathédral de Reims puis est nommé vicaire
général de son père, archevêque de Reims,
en 1497. Le 8 avril 1503 il obtient un cano-nicat à Paris. En
novembre 1507 il devient abbé de Saint-Germain-des-Près
par résignation de son père et il conserve ce bénéfice
jusqu'à sa mort en 1534. C'est aussi à son père
qu'il succède comme archevêque de Narbonne le 21 février
1515. Pourtant, deux jours plus tard, il résigne cet
archevêché en faveur de Jules de Médicis (le
futur pape Clément VII). Et l'évêque de Meaux,
Louis Pincllc, ayant résigné, une bulle du pape le
nomme évêque de Meaux le 31 décembre 1515. Il
n'en continua pas moins de percevoir les revenus de l'évêché
de Lodève jusqu'au 23 septembre 1519, date à laquelle
il résigne cet évêché en faveur de son
frère Denis Briçonnet. Il est aussi chargé de
missions diplomatiques délicates. Le 25 mars 1507, le roi
Louis XII, désireux de se disculper de l'accusation de
fomenter contre Jules II une conspiration, l'envoie en ambassade à
Rome. En 1516, il est devenu l'ambassadeur extraordinaire de François
Ier auprès de Léon X
pour la signature du Concordat de Bologne et il ne rentre en
France qu'en avril 1517; il n'est pas présent au concile du
Latran. Il a cependant assisté au concile national de Tours en
1510 et au concile schismatique gallican à Pise en 1511 réuni
contre Jules II aux côtés de son père. Il y prend
même une part active en étant chargé d'examiner
les questions relatives à la foi et à la réforme
de l'Eglise. On sait par ailleurs que ce concile décréta
la condamnation du pape par contumace, comme auteur d'un schisme.
Gallican, l'évoque Briçonnet n'entend pas pour autant
distendre les liens qui l'unissent au pontife romain. En 1516, lors
de son ambassade, il fait devant le Sacré Collège une
déclara-lion sur le fidélité de la France envers
le Saint-Siège qui est bien accueillie, traduite et imprimée
sous le titre de Harangue de Monseigneur de Lodève prononcée
devant notre Saint-Père le pape. Le roi utilise ses talents de
légiste. Président de la Cour des Comptes le 3 août
1495, il y est reçu le 28 mars 1496 et transmet cette charge à
son frère aîné Jean Briçonnet en novembre
1507. Guillaume Briçonnet reste avant tout préoccupé
par la réforme de l'Eglise ; cette préoccupation guide
toute sa vie et son ministère. Il s'y emploie d'abord comme
abbé de Saint-Germain-des~Près. Lorsqu'il en prend
possession, grandes sont les résistances à l'esprit de
réformes voulu par certains moines, fidèles à la
tradition clunisienne. Dès 1507-1508, l'abbé Guillaume
Briçonnet tente, en vain, de briser les résistances ;
son élection est fortement contestée. Grâce à
l'aide de Lefèvre d'Etaples venu séjourner à
l'abbaye pour y rédiger son Ouincuplex Psalterium (1508). il
peut enfin, entre 1513 et 1515, réformer l'abbaye dont Léon
X approuve les principes. Mais il échoua
sur le principe de l'élection d'un abbé régulier
pour lui succéder. Le Concordat de Bologne réservait en
effet ces nominations au roi. Le même esprit de réformes
inspire son épiscopat à Meaux. En 1519 et en 1520 il
réunit deux synodes diocésains qui complètent
les visites pastorales qu'il effectue. Il tente d'imposer la
résidence aux curés, trop souvent tentés de
séjourner à Paris. Il rappelle le devoir de la
prédication et la lecture de l'Evangile. Et à
l'imitation de son action à Saint-Germain-des-Prés, il
entreprend la réforme des monastères de son diocèse.
Surtout, Guillaume Briçonnet est au cœur du vaste débat
qui porte certains vers la Réforme. Directeur spirituel de
Marguerite d'Angoulêmc, sœur de François Ier,
il entretient avec elle une correspondance spirituelle de juin
1521 à novembre 1524. On ne compte pas moins de cinquante-neuf
lettres de Marguerite d'Angoulêmc et soixante-quatre de
Briçonnet à celle qui apparaît comme protectrice
des réformés. Humaniste et tolérant, ami des
lettres et des sciences, l'évêque Briçonnet
partage avant tout l'idéal de la Renaissance. Une telle
affinité n'est pas étrangère à le faire
suspecter d'une trop forte indulgence envers les réformateurs.
Des liens d'amitié avec Lefèvre d'Etaples, venu à
Meaux en 1521, entièrement préoccupé de la
réforme de l'Eglise, le portent à s'entourer de ses
conseils. Autour de Lefèvre d'Etaples, de Gérard
Roussel. François Vatable, Michel d'Arande et Guillaume Farel
se constitue le premier groupe de Meaux en 1521-1523 appelé
par l'évêque Briçonnet à des fonctions de
prédications dans le diocèse. Mais la diffusion des
idées de Luther en France vers 1521, la condamnation de la
doctrine par Léon X le 15 juin 1520
et les risques d'une contagion conduisent l'évêque de
Meaux, en avril 1523, à révoquer les pouvoirs de ces
prédicateurs. Par décret synodal du 1 5 octobre 1523,
il interdit l'achat, le prêt, la lecture et la possession des
livres de Luther et de ses adeptes. Le 13 décembre il défend
aux curés du diocèse sous peine d'excommunication de
laisser prêcher les luthériens. Même différent
dans sa composition, le second groupe de Meaux (1523) est suspecté
d'hérésie. Nommé vicaire général
le 1er mai 1523, Lefèvre d'Etaples est dénoncé
par la faculté de théologie. A son tour, l'évêque
Briçonnet est inquiété. C'est le résultat
d'un long conflit avec les Cordelicrs à qui il avait interdit
de prêcher. Assigné par eux devant le Parlement de Paris
le 1erjuin 1525 qui l'accusent d'hérésie, il est
innocenté par l'arrêt du 16 novembre i 526. La fin de
son épiscopat à Meaux est marquée par
l'institution d'une procession solennelle du Saint-Sacrement, d'une
fête de la Visitation de Notre-Dame, autant de preuves de son
attachement à l'Eglise et de sa haine de l'hérésie
protestante. Il nomme des prédicateurs chargés de
s'occuper des protestants et met en place des mesures en faveur des
pauvres ; toujours attaché à la réforme de
l'Eglise et des abus, il censure certains spectacles. Le 27 mai 1530
il nomme vicaire général son frère Denis, évêque
de Saint-Malo pour gouverner le spirituel et le temporel de l'abbaye
de Saint-Germain-des-Prés et de son diocèse. Le 7 juin
1531, il s'adjoint un autre vicaire général en la
personne d'un de ses cousins, Jean Briçonnet, vice-chancelier
pour le roi au duché de Bretagne. Puis il se retire au château
d'Esmans près de Montcreau, une dépendance de l'abbaye
parisienne. Il y meurt le 24 janvier 1534. C'est aux côtés
de son prédécesseur, Louis Pinelle, son ancien maître
au Collège de Navarre, dans la cathédrale de Meaux
qu'il entendait être inhumé. En raison du lieu de son
décès, sa volonté ne fut pas exécutée
et il fut inhumé devant le maître autel de l'église
paroissiale d'Esmans. Outre la Harangue indiquée plus haut, on
lui doit une traduction de Raymond Jordan, abbé de Celles :
Contempla-tiones idiotae (Paris, 1525). (cf Michel VESSIERE :
L'évêque Guillaume Briçonnet 1470-1534, Provins,
1986. Michel VESSIERE: Guillaume Briçonnet, abbé
rénovateur de Saint-Germain-des-Près 1507-1534, dans
Revue d'Histoire de l'Eglise de France, 1974.)
3.
Nicolas +1506 x Nicole BOUCHET. Nicolas (vers 1472-1506) Parfois
prénommé Nicole, ce troisième fils de Guillaume
II, devenu le cardinal Briçonnet et de Raoulette de Beaune est
né vers i 472. Successivement notaire et secrétaire du
roi, argentier et maître de la Chambre aux deniers du dauphin
Charlcs-Orland (fils du roi Charles VIII) d'octobre 1492 à
décembre 1493, il est ensuite nommé contrôleur
général de Bretagne le 8 mars i 496. ïl épouse
Charlotte de Poncher, d'une famille de marchands et d'argentiers du
roi. Cet humaniste qui laisse à sa mort une très riche
bibliothèque appartient à la génération
des héritiers cultivés remplaçant celle des
parvenus. Il meurt à Paris en 1506. Selon certains
généalogistes, le nom de son épouse est Nicole
Boucher.
4.
Denis (1473-1535) Denis Briçonnet est le cinquième fils
de Guillaume II, devenu cardinal et frère de Guillaume
Briçonnet plus tard évêque de Meaux. Comme lui,
il est destiné dès son plus jeune âge à la
carrière ecclésiastique. Il doit à la faveur de
son père l'obtention de nombreux bénéfices.
Successivement chanoine de Saint-Malo, archidiacre de Reims et
d'Avignon puis doyen de Tarascon, prieur de Cossay, abbé de
Saint-Martin d'Epernay, de Cormery et de Turpenay en Touraine, il
accède ensuite à l'épiscopat et devient évêque
de Toulon, de Lodève et de Saint-Malo. Moréri en fait
un grand protecteur des savants et des hommes de lettres. On vante
aussi sa bienfaisance envers les pauvres, rappelant qu'il en recevait
treize chaque jour à sa table et qu'il les servait lui-même.
En 1518, il publie une Instruction des cures pour instruire le simple
peuple à l'usage de l'évêché de
Saint-Malo. Le roi de France François Ier
l'envoie à Rome pour suivre et obtenir la canonisation
de François de Paulc, l'ermite du Plessis-lès-Tours
sous Louis XI et Charles VIII. Il demeure
trois années auprès du pape et obtient de Léon X
la canonisation de l'ermite le 1er juin 1519. En 1516, son
frère Guillaume résigne en sa faveur son évêché
de Lodève ; il y renonce à son tour en 1520 pour se
retirer à l'abbaye de Cormery. Il y meurt le 18 décembre
1535 et est inhumé dans le chœur.
5.
Catherine +3 novembre 1526 x Thomas BOHIER. D'abord établi à
Tours comme chambellan de Louis XI puis de
Charles VIII, puis général des finances, trésorier
généra! de la guerre en Italie et seigneur de
Chenonceau. Devenu général des finances de Normandie,
Thomas Bohier achète les créances de la famille des
Marques, propriétaire du donjon médiéval de
Chenonceau. Aux termes d'un procès qui ne dura pas moins de
dix années, il parvient à exproprier Catherine Marques
et se fait adjuger la seigneurie de Chenonceaux pour 15 641 livres.
Appelé en Italie, Thomas Bohier ne peut suivre les travaux de
construction du nouveau château de Chenonceau. Il meurt en
Italie en mars 1524. C'est donc sa veuve, née Catherine
Briçonnet, qui est chargée de l'édification du
nouveau château entre 1515 et 1522, sur la rive du Cher. On
relève, en effet, un marché conclu le 29 janvier 1522
entre Thomas Bohier, seigneur de Chenonceau, Catherine Briçonnet
son épouse et le maçon Jehan Marnay pour l'exécution
de divers travaux dans les combles et pour le carrelage des chambres
du château. Les Bohier ont aussi, dès 1513, transformé
le donjon des Marques en y intégrant un décor à
pilastres ornés, frises sculptées, clochetons et
pinacles. Les vantaux sculptés de la façade nord de la
porte portent les initiales T.B.K. de Thomas Bohier et de Katherine
Briçonnet. Les clefs de la chapelle du château portent
en outre les armes des Bohier et des Briçonnet. La devise des
Bohier « s'il vient à point me souviendra » revêt
toute sa signification lorsque, son œuvre achevée,
Catherine Briçonnet décède le 3 novembre 1526.
Biographies mise en
généalogie. il peut y avoir des fautes de
retranscriptions.
source: Laurencin, dico
bio Touraine.
Biblio: Bernard
CHEVALIER: Tours, ville royale 1356-1520, Paris-Louvain, 1975
Cette famille qui
occupe une des premières places de la société
tourangelle de Louis XI à François
Ier, aux côtés des Briçonnet,
des Ruzé et des Bohier avec qui elle noue des liens
matrimoniaux et d'intérêts, a suivi une ascension
désormais classique. Tournée au départ vers le
négoce des draps et des produits de luxe, fournissant la cour
et l'entourage du roi, elle se lance vers le prêt à
intérêt et les créances en faveur des grands pour
assister enfin le roi en ses conseils et influer sur la politique et
les querelles dynastiques. Parmi ses membres, certains doivent leur
position à l'octroi de bénéfices ecclésiastiques
; c'est notamment le cas pour les cadets. Il reste que les origines
de la famille sont encore en partie obscures. Nous trouvons des
Beaune à Dijon, en janvier 1379. dans une minute de procès.
Un autre, Pierre de Beaune. est secrétaire de Charles V
et de Charles VI. Jean de Beaune est garde du scel de la
prévôté de Saint-Pierre-le-Moutier. Une
généalogie composée en 1617 semble indiquer que
cette famille tient son nom de la ville de Beaune en Bourgogne,
substitué à celui de Fournier. Reprenant cette thèse,
Chalmel en 1828 croit pouvoir affirmer que le berceau familial se
situe à Moulinot à quatre lieues de Beaune. Un Jean de
Beaune, grand-père de Jean de Beaune (mort en 1480) aurait le
premier noué des contacts avec la Touraine par le truchement
d'activités commerciales, formant ainsi la souche tourangelle
de cette famille. Son fils, également prénommé
Jean, épouse N. Travers. Il est père de Jean de Beaune,
argentier et maître de la Chambre aux deniers du dauphin
Charles (futur Charles VIII) et élu maire de Tours en octobre
1471.
I. Simonet de BEAUNE,
hôtelier lui aussi, mort après 1447 dont on sait qu'il
logea les danseurs s'étant produits à l'occasion des
noces du dauphin d'où
II. Jean de BEAUNE
Beaune. deuxième du nom, paraît dans les actes en 1454
comme fournisseur de la Maison d'Angoulêmc. Marchand en draps,
il est installé à Tours au Carroi des Herbes sur la
paroisse de Saint-Saturnin, à la croisée de la rue
Traversaine et de la Grande Rue. Vers 1465, il est déjà
un des plus riches négociants du royaume ; la même
année, il est porté dans les textes comme fournisseur
de draps de laine pour l'habillement de la garde royale. Il fonde
avec Jean Briçonnet et Jean Quetier une compagnie qui
s'identifie à la boutique de l'argenterie royale et fournit
dès 1469 au roi Louis XI installé
au Plessis-lès-Tours 92 % des draps de laine et 70 % des
soieries. Avec les Briçonnet, les Beaune, les Ruzé il
illustre la réussite sociale. Il participe à l'effort
de reconstruction économique du royaume conduit par le roi. On
le voit nouer des relations commerciales avec la Bretagne et les
Flandres. Quand le roi encourage la reprise des relations économiques
avec les échelles du Levant et que les galéasses
quittent Aigues-Mortes pour Rhodes, Jaffa, Alexandrie et Beyrouth,
Jean de Beaune figure parmi les marchands préposés au
trafic des produits orientaux. Lors de l'établissement de
l'industrie de la soie à Tours, il pourvoit dès 1470 au
ravitaillement en soies crues. Avec son gendre Guillaume Briçonnet,
époux de sa fille Raoulette, il offre une avance de 30 000
livres au roi afin de recouvrer Perpignan sur le roi d'Aragon en
1473. Correspondant auprès de la cour de la banque Pazzi, il
laisse une succession (partagée en 1486-1487) de 22 136 livres
tournois dont 13 310 livres en immeubles et 8 826 livres en avances
d'hoirie. Le 19 novembre 1470 il devient argentier et maître de
la Chambre aux deniers du dauphin Charles tout en continuant d'être
le fournisseur de la cour en fourrures et tissus précieux.
Exilé à Montpellier pour avoir irrité le roi en
offrant une mule au duc de Bretagne, il doit démissionner de
sa charge d'argentier en mars 1478. Profitant de la paix du 16
février 1471 avec le roi d'Angleterre. Jean de Beaune et son
associé Jean Briçonnet tentent de faire connaître
aux marchands de Londres leurs produits de luxe. Ils doivent
brusquement quitter l'Angleterre à la suite d'une émeute
des drapiers anglais au printemps de 1471. Mais Louis XI
les indemnise largement. Jean de Beaune devient maire de Tours
le 18 octobre 1471. Avec sa femme et Jean Briçonnet le Jeune,
il est membre depuis 1474 de la confrérie Saint-Gatien. Il
meurt après le 3 mai 1480, date à laquelle i! paraît
pour la dernière fois au dîner annuel de cette
confrérie. Il est inhumé dans sa chapelle de l'église
Saint-Saturnin à Tours. Il avait épousé Jeanne
Amyl (Jeanne Binet), fille d'un hôtelier de Tours. Jean de
Beaune est le fils de Simonet de Beaune, hôtelier lui aussi,
mort après 1447 dont on sait qu'il logea les danseurs s'étant
produits à l'occasion des noces du dauphin. Selon certains
généalogistes, Jean de Beaune aurait eu dix enfants ;
selon d'autres, neuf seulement. Les gendres sont drapiers et
marchands. Marie de Beaune épouse Jean Quetier ; Raoulette
s'unit à Guillaume Briçonnet, devenu plus tard cardinal
; Catherine de Beaune se marie à Jean Briçonnet le
Jeune : Colette épouse Jean Bernard ; Guillonne s'unit à
Charles Becdelièvre ; Jeanne épouse Pierre Morin,
trésorier de France ; Françoise a pour époux
Nicolas Leclerc et Louise épouse Pierre (ou Jean) Ménard.
Le fils aîné, Guillaume de Beaune, épouse
Catherine Ruzé ; quant à Jacques de Beaune, futur baron
de Semblançay, il s'unit à Jeanne Ruzé. D'où
1.
Guillaume (?-vers 1503) x Catherine RUZé. Fils aîné
de Jean de Beaune, argentier et maître de la Chambre aux
deniers du dauphin Charles (futur Charles VIII) et de Jeanne Amyl et
frère de Jacques de Beaune-Sernblançay (exécuté
en 1527), Guillaume de Beaune épouse Catherine Ruzé.
d'une famille de marchands et financiers. Il est d'abord mêlé
aux affaires de son père. Quand ce dernier est un temps
relégué à Montpellier sous Louis XI
pour avoir commercé avec les Bretons qui favorisent les
Flamands contre les objectifs de la politique royale, il doit jurer
sur la croix de Saint-Laud d'Angers de cesser toute relation avec
Pierre Landois, trésorier du duc de Bretagne, François
II (mai-décembre 1481). Lors de la succession paternelle, ii
recueille la plus belle part qui se monte à 4 800 livres avec
les biens-fonds en Vendômois. Il entre à la Chambre des
Monnaies de Paris le 29 octobre 1488 et résigne ces fonctions
en juillet 1491. A Tours, le 19 février i489. il est chargé
de faire battre et forger des deniers noirs. Il est aussi chargé
de missions en Provence, Poitou. Saintonge et Guyenne pour faire
publier les ordonnances relatives au poids de l'or et des monnaies.
En 1501, il est élu inaire de Tours, Membre de la compagnie
marchande fondée avec Jean Briçonnet. Jean de Beaune
son père et Jean Quetier, il a pour fils Guillaume, receveur
de Poitou puis de Touraine et René de Beaune. Ce dernier entre
à la Chambre des Aides le 28 novembre 1507. au Parlement de
Paris le 2 septembre 1508 et devient lieutenant civil au Chàtelet
de Paris le 4 avril 1512. d'où
a.
Guillaume. Ce Guillaume de Beaune est souvent confondu avec son
homonyme et cousin. C'est le fils aîné de Guillaume de
Beaune, devenu maire de Tours en 1501 et de Catherine Ruzé. Il
épouse Catherine Brocet, fille du receveur de la sénéchaussée
de Guyenne. Il est receveur des aides et des tailles en Poitou, de
1509 à 1520 et en Touraine de 1511 à 1516. Financier de
François Ier, il règle les
obsèques de la princesse Louise de France en septembre 1517.
Lors du procès qui suit la confiscation des biens de son
oncle, Jacques de Beaune-Semblançay et qui conduit le
Parlement à rechercher les financiers de 1527 à 1536,
il est victime de la mise sous séquestre de ses propriétés
de la Charmoye, Peray, Sarquainville. la Turaille et Septueille en
Normandie.
2.
Jacques baron de Semblançais qui suit III
3.
Catherine x Jean BRIçONNET le Jeune
4.
Colette x Jean BERNARD
5.
Guillonne x Charles BECDELIèVRE
6.
Jeanne x Pierre MORIN trésorier de France
7.
Françoise x Nicolas LECLERC
8.
Louise x Pierre ou Jean MéNARD
III. Jacques BEAUNE
Jacques (de) (1445-1527). Jacques de Beaune est le fils cadet et le
troisième enfant de Jean de Beaune, argentier des rois Louis
XI et Charles VIII, maire de Tours en
1471-1472 et de Jeanne Binet (ou Jeanne Amyl). Il s'allie, en la
personne de Jeanne Ruzé, à une famille de financiers de
Touraine, ce qui lui permet de recueillir par héritage les
fiefs de la Tour d'Argy et de Montrichard. Il fournit les Maisons
d'Orléans, d'Angoulême et de La Trémoille et est
associé à François Briçonnet pour la
vente des draps et des linges à l'argenterie de Charles VIII
d'octobre 1490 à janvier 1492. Dès cette date, il
pratique le prêt à intérêts en faveur de
membres de la riche bourgeoisie. Marchand en soiries en 1482, Jacques
de Beaune succède à son père comme chef de la
boutique de l'argenterie du roi en 1487. Mais son ascension
politique, une des plus brillantes et des plus rapides pour l'époque,
s'explique par son service à la cause des Grands du royaume.
Lorsque Charles VIII, en conflit avec la Bretagne, cherche à
asseoir son autorité sur les grandes cités bretonnes,
ii obtient de Jacques de Beaune, marchand banquier à Tours,
qu'if règle les dettes d'Alain d'Albert et une avance sur
pension moyennant la reddition de Nantes aux troupes royales dirigées
par La Trémoille. Après le mariage au château de
Langeais, à la Saint-Nicolas, le 6 décembre 1491, de
Charles VIII et de la duchesse Anne de Bretagne, Jacques de Beaune
devient quelques jours plus tard trésorier générai
de la duchesse-reine. Elle l'honore de toute sa confiance et ii
l'accompagne dans tous scs déplacements. Pour faire face aux
dépenses somptuaires et aux nombreuses gratifications d'Anne
de Bretagne, Jacques de Beaune lui consent des avances importantes
sur sa fortune personnelle. En décembre 1495, Jacques de
Beaune quitte la trésorerie de la reine Anne pour les finances
du royaume. Il succède ainsi comme général des
finances de Languedoc à Pierre Briçonnet, un de ses
compatriotes et son parent, lequel reçoit la même charge
en Languedoïl. Beaune signe en cette qualité pour la
première fois ie 1 8 décembree 1495. Son fils aîné,
Jacques de Beaune, ie remplace alors auprès d'Anne de Bretagne
pour devenir plus tard évêque de Vannes. Jacques de
Beaune devient ainsi un des personnages les plus influents du royaume
sous Charles VIII. Sur le pian financier, la France est alors divisée
en quatre généralités : Languedoïl-Guyennc,
Normandie, Outre-Seine-Yonne et Picardie, Languedoc. Le rôle
des quatre généraux des finances et des quatre
trésoriers de France était d'évaluer le montant
des aides, de la gabelle et de fixer celui de la taille. A ce titre,
Jacques de Beaune est appelé à de fréquents
séjours auprès des Etats provinciaux de sa
circonscription. Le 31 janvier 1496 il représente ie roi aux
Etats qui se tiennent à Montpellier. Son administration, selon
les historiens, est à la fois inspirée par la fermeté
et la souplesse. Le 31 mars 1498, ii se trouve à Amboise lors
de la mort accidentelle de Charles VIII Le nouveau roi. Louis XII, ie
confirme aussitôt dans sa charge de receveur général
du Languedoc le 29 juin 1498. Il y adjoint la même année
le Dauphiné et la Provence. Bénéficiant de la
confiance du nouveau roi, il devient membre du Conseil des Finances ;
au début de 1509. Jacques de Beaune est promu général
des finances de Languedoïl et succède à Pierre
Briçonnet, en même temps qu'il csi créé
chevalier. En dépit de ses charges qui le conduisent à
travers ie pays, ii revient régulièrement en Touraine.
Il devient maire de Tours pour un an à compter du 28 octobre
1498 et succède à un autre financier, Thomas Bohier.
Disposant par ses charges et les sommes considérables qu'il
manie d'un pouvoir prépondérant, ii sait très
habilement se tisser un réseau d'influences, de protections et
d'amitiés, Marguerite d'Angoulème est au nombre de ses
fidèles soutiens. Après la mort de la reine Anne, qu'il
avait pourtant fidèlement servie, Jacques de Beaune s'attache
à sa rivale, Mme d'Angoulême, Louise de Savoie, mère
de François Ier et régente du
royaume. ïl se fait apprécier d'elle vers 1505-1506. Elle
lui confie l'administration de son douaire, de ses domaines et de sa
fortune. A la fin du règne de Louis XII, il traite un marché
avec les Génois pour la fourniture d'armes, Louise de Savoie
lui donne une somme de 30 000 livres pour acquérir de Mme de
Vendôme la seigneurie du Clos-lès-Àmboise, le
fief des Fonts-de-Tours et surtout la baronnie de Semblançay.
Sa position se renforce encore avec l'avènement du roi
François Ier. Il soutient le roi
dans son aventure italienne et sa reconnaissance des droits sur le
Milanais. Beaune obtient alors des banquiers italiens de Lyon un prêt
de 300 000 livres. 11 devient argentier de la régente et gère
non seulement son douaire, mais aussi son duché et ses comtés.
Afin de combler le coût de la bataille de Marignan en 1515, du
traité avec les cantons suisses (environ un million de livres)
et le prix de la neutralité de Maximilien d'Autriche dans
l'affaire milanaise, Jacques de Beaune est charge de trouver les
moyens appropriés eî de souscrire divers emprunts. En
septembre 1516, il cède sa charge de général de
Languedoïl à son fils cadet Guillaume de Beaune. En
échange, le roi lui confie ses finances personnelles ; il est
devenu de fait surintendant des finances du royaume et préside
la Commission des Finances de son Conseil privé, Jacques de
Beaune est arrivé au faîte de sa puissance. Dès
le 9 décembre 1515, il porte le nom de Semblançay eî
le 3 novembre 1519 le roi le nomme gouverneur et bailli de Touraine.
Une lettre patente royale de janvier 1518 définit ses pouvoirs
en même temps qu'elle traduit la confiance de François
Ier : « ... et pour ce qu'à
l'avenir on pourroit demander en vertu de quoi il a vaqué,
vaque, entend et s'entremet esdites affaires de nos finances...
Savoir faisons que... notredit conseiller et chambellan, ledit sieur
de Saint-Biançay, comme dit est avoir la connaissance et
intendance de nosdites finances ordinaires et extraordinaires afin
que d'icclles il nous avertisse... pour ces causes et pour la
confiance qu'avons de sa personne et de ses sens... avons commis et
ordonnons par ces présentes et lui donnons pleins pouvoirs et
autorité de vaquer et besogner au fait de nosdites finances...
et avoir l'œil sur le fait d'icelles». Certes, il ne
possède pas officiellement le titre de surintendant (même
si on en use à son égard dans des correspondances
privées) ; mais il a de fait la haute main sur les finances du
royaume, d'autant que, comme le reconnaît le roi. « les
trésoriers de France et généraulx de nos
finances ne sont et ne peuvent estre ordinairement devers nous, pour
les chevauchées et visitations de leurs charges ».
Jacques de Beaune-Semblançay garde directement dans ses
attributions « l'estat général de nos finances,
ensemble les estats particuliers ». L'homme ne manque certes
pas d'ambition et il s'efforce de conserver l'estime eî la
confiance du roi et de sa mère en se rendant indispensable.
Pour les travaux d'embellissement du château d'Amboise, il
prête à la régente une somme de 230 000 livres.
11 organise et finance les fêtes organisées pour le
baptême du premier fils du roi. Louise de Savoie lui donne
l'Hôtel Dunois à Tours, à l'angle de la rue Neuve
et de la Grande Rue. On le surnomme «le roi de Tours» et
François 1er l'appelle « Père ». Mais un
pareil ascendant suscite des haines farouches et des jalousies
tenaces. Antoine Duprat, Chancelier de France et juriste est au
nombre de ses ennemis. Jacques de Beaune-Semblançay accompagne
François Ier à l'entrevue du
Camp du Drap d'Or le 7 juin 1520 avec Henri VIII d'Angleterre. I!
gère et brasse ainsi des sommes considérables, élabore
des systèmes parfois complexes de prêts, de créances
et d'avances par anticipation d'autant que les exigences des guerres
en Italie imposent des engagements croissants. Il lui revient parfois
de modérer les dépenses royales ou celles de Louise de
Savoie. En 1521, il refuse de verser la somme de 300 000 ccus d'or
pour la solde des troupes du maréchal de Lautrec, gouverneur
du Milanais depuis la victoire de Marignan et préfère
réserver ces fonds pour le douaire de la r:ine-mère.
Dans une lettre du 11 mai 1521, Louise de Savoie le presse de payer :
« combien que je sache par expérience, lui écrit-t-elle.
l'affection que vous y avez,., ne me puis-je tenir de vous advertir
du regard que l'on doit avoir à la personne du roi qui
souffre. Sans vous je suis seure que tout tirera et aura à
souffrir. Faictes comme celuy en qui est ma dernière espérance
». Semblançay alors se soumet ; avec l'aide de ses amis,
i! prête 200 000 livres. En juin les dépenses engagées
sont déjà évaluées à 500 000
livres et il lui faut encore trouver 660 000 livres dans un délai
de trois mois. En juillet 1521, il faut anticiper sur le montant de
la taille pour 1522. De plus, le paiement de l'armée du Nord
oblige à fondre la vaisselle, les vases d'or et d'argent des
églises et des abbayes comme la grille d'argent du tombeau de
saint Martin à Tours que l'on remplace par une grille en fer.
Au combat de La Bicoque, le 29 avril 1522, ie maréchal de
Lautrec est battu par les Espagnols de Colonna et les Français
perdent le Milanais. C'est le début d'embarras pour Jacques de
Beaune-Semblançay et ses relations avec Louise de Savoie se
distendent tandis qu'elles s'assombrissent avec le roi. Celui-ci veut
organiser une expédition maritime contre l'alliance entre
Henri VIII et Charles-Quint, en utilisant le duc d'Albany.
Beaune-Semblançay se déclare réticent. Alors
François Ier menace: « M . de Semblançay... je
vous avise, si mon affaire et celle dudit sieur d'Albany est
aucunement empeschée et retardée par cela, que je m'en
prendray à votre personne, de sorte que je donneray à
connoître à mes serviteurs que je ne veux plus être
trompé ; et pour ce, faites qu'il n'y ait point de faute et
qu'il y soit satisfait ». En fin de compte, après cet
ordre du 2 août 1522, Jacques de Beaune-Semblançay
accepte et se soumet. L'affaire laisse pourtant des traces, d'autant
que le riche financier tourangeau a mis en causera reine Louise de
Savoie... Dans l'entourage du roi, on se méfie de plus en plus
du pouvoir exorbitant des financiers. On institue en février
1523 une commission destinée à hâter la reddition
des comptes des receveurs généraux ; en mars, à
la tête du Trésor de l'Epargne est placé
Philibert Babou de la Bourdaisière, un des ennemis de
Beaune-Semblançay. Ce dernier se retire quelques temps en
Touraine au cours de l'année 1523, sur sa terre de La Carte à
Ballan. Il persiste à réclamer l'avance des 300 000
écus d'or que lui doit le trésor royal. Le 13 octobre
1523, il est déchargé des finances du royaume. Le 9 mai
1524, le roi lui ordonne de déposer ses papiers et ses
registres à Montils-iès-Blois et l'ordre ajoute «
autrement il sera mis à la Conciergerie de Paris ». Il
comparaît devant une commission chargée d'examiner ses
comptes. L'instruction dure dix mois. Le 11 août 1524. une
première sentence conclut à des irrégularités
; on lui reproche l'imprécision de ses écritures et la
confusion des deniers du royaume avec ceux de Louise de Savoie. II
triomphe un moment quand, par un jugement rendu le 27 janvier 1525,
l'authenticité des pièces produites est reconnue.
Jacques de Beaune-Semblançay est cependant déclaré
débiteur de Louise de Savoie pour une somme de 600 000 livres
et il est reconnu créancier du roi pour une somme supérieure.
Cette relative victoire relance pourtant l'affaire, le roi et Louise
de Savoie étant déterminés à achever sa
perte. Jacques de Beaune est aux prises avec les créanciers du
roi, notamment les Florentins de Lyon. Pour l'aider, son fils,
l'archevêque de Tours, lui abandonne les revenus de son
diocèse. Semblançay est embastillé le 13 janvier
1527. Au nom du roi et de Louise de Savoie, le Chancelier Duprat
choisit les magistrats de la Commission, le tribunal d'exception
devant lequel il est traîné. Le nouveau procès
commence le 22 janvier 1527 tandis que ses biens ont été
confisqués dès son incarcération. Son neveu Jean
Prévost et un banquier italien sont arrêtés. Il
s'agit bien d'un procès criminel. On reproche à
Beaune-Semblançay d'avoir réalisé des profits
irréguliers sur les fonds prêtés au roi ; i! est
accusé de «larcins, abus, malversations et
maladministration des finances du roy ». L'acte mentionne qu'il
s'est approprié 13 000 écus venus de Wolsey, cardinal
d'York, pour le roi ; qu'il a négligé de reverser au
trésor le montant de la vente des offices ; qu'il a majoré
indûment le montant des marchés d'armes etc. Dans une
lettre adressée au roi, il proteste de son innocence. Mais par
jugement rendu le 9 août 1527, il est « condamné à
estre pendu et estranglé à Mont-faucon et tous ses
biens, meubles et héritages confisqués, sur lesquels
biens et confiscations sera prise la somme de cent mille livres
parisis... ». En vain la grâce royale est-elle attendue.
Le I 1 août 1527, après avoir attendu six heures à
Montfaucon, Jacques de Beaune-Semblançay est pendu. Son
cadavre est exposé au gibet pendant quatre ou cinq jours. Son
corps, selon Legendre, son serviteur, est traîné à
travers les vignes et démembré par les bêtes
auprès du village de Pantin. Ses restes furent déposés
à Sainte-Catherine du Val des Ecoliers. Louise de Savoie
s'approprie ses meubles. Son épouse Jeanne Ruzé, âgée
de 72 ans, se retire au couvent d'Yères et fait appel du
jugement contre la confiscation des biens de son époux. Son
fils Guillaume renonce d'ailleurs à la succession. En juillet
1 528, il juge prudent de fuir à Cologne et à
Francfort. Jeanne Ruzé est emprisonnée. Une nouvelle
sentence rendue par la Tour Carrée le 11février 1529
valide le jugement du 9 août 1527. Jeanne Ruzé est
privée de ses biens, meubles et immeubles. Guillaume de
Beaune, reconnu coupable de lèse-majesté est condamné
à être pendu et étranglé ; il perd son
office et la confiscation de ses biens est prononcée. En avril
1529, il est pardonné et rentre en jouissance de la baronnie
de Semblançay. Le 11 février 1530 la Tour Carrée
rend son arrêt au sujet de la liquidation des biens de son
père, placés sous séquestre depuis plus de deux
ans. Le jugement est cependant contesté. Une nouvelle
procédure est engagée ; elle ne s'achève qu'en
1536. Jacques de Beaune-Semblançay avait acquis en 1516 de
Charles d'Alençon la baronnie de Semblançay. Le 31 août
1497 il avait acheté à Antoinette de La Trémoille,
épouse de Charles de Husson, le château de La Carte, un
fief relevant de Montbazon. Il fit rebâtir l'édifice. En
1527, le bien est confisqué sur Guillaume de Beaune et vendu à
Charles du Solier de Morette. Il est revendu aux de Beaune par la
suite. Mais le nom de cette famille reste attaché aux
constructions somptuaires de la ville de Tours. Jacques de Beaune
fait exécuter de 1507 à 1510 les travaux d'acheminement
et de canalisation d'eaux de Saint-Avertin à Tours par un
système de six bouches. En 1509 sont posés les tuyaux
dans la varenne sous le lit du Cher jusqu'à la porte
Saint-Etienne où se trouve le réservoir principal. Dans
les années qui suivent on édifie les branchements pour
alimenter les fontaines de Beaune, de la Foire-le-Roi et de
Saint-Hilaire. La plus étonnante réalisation reste
assurément la fontaine dite de Beaune, élevée en
1511 par les neveux de Michel Colombe, Martin et Bastien-François.
Jacques de Beaune offre sur ses deniers quatre blocs de marbre blanc
venu de Gênes pour composer la pyramide ; la vasque est
réalisée dans un basalte sombre de Volvic. La pyramide
qui domine l'ensemble a une hauteur de 4 mètres 20 ; elle
comporte les armoiries de Louis XI et
d'Anne de Bretagne au milieu des sculptures et des arabesques et à
la base le blason des Beaune. Au sommet, la construction est
couronnée par une terrasse ornée de fleurs avec un
crucifix entre la Vierge et sainte Madeleine. Le nom de Jacques de
Beaune demeure encore attaché aux constructions et
embellissements de l'hôtel Dunois, élevé au XVe
siècle, propriété de Jean de Dunois,
passé en 1517 à Louise de Savoie qui en fait cadeau à
Jacques de Beaune le 14 février 1517. Il en fait abattre une
partie, achète les propriétés voisines et
procède à la construction d'un nouveau pavillon et
d'une chapelle. Les travaux durent de 1518 à 1524 et un corps
de logis à lucarnes et galerie ouverte avec motifs à
l'antique (médaillons, cordelières) sort de terre.
Après le procès de 1527, le bien est adjugé puis
retourne à sa veuve. Une partie est distraite en 1543 en
faveur de Laurent Le Blanc, seigneur de La Vallière.
L'ensemble est enfin vendu en 1634 pour 24 000 livres aux Jésuites
de Tours par Louis de la Trémoille, baron de Châteauneuf
et de Semblançay, vicomte de Tours, seigneur de La Carte
jusqu'à ce que les Jésuites en soient dépossédés
en 1763. On prête à Jacques de Beaune, avant sa mort,
cette réflexion des plus philosophiques : « J'ai bien
mérité la mort pour avoir plus servi les hommes que
Dieu ». Clément Marot rédigea une épigramme
en son honneur qui est restée célèbre : «
Lorsque Maillart, juge d'enfer, menoit à Montfaucon Semblançay
l'âme rendre, à vostre advis lequel des deux tenoit
meilleur maintien ? Pour vous le faire entendre, Maillart sembloit
l'homme que mort va prendre ; et Semblançay fust si ferme
vieillart que l'on eroyoit, pour vray, qu'il menoit prendre à
Montfaucon le lieutenant Maillart ». De son mariage avec Jeanne
Ruzé, le baron Jacques de Beaune-Semblançay eut cinq
enfants. Jacques de Beaune, baron de Semblançay, illustre au
mieux l'ascension sociale de quelques familles tourangelles à
l'époque où Tours devient ville royale. En 1521, sa
créance sur le trésor est de 1 574 342 livres soit
environ le montant annuel de la taille. (Alfred SPONT : Semblançay
(J-1527), La bourgeoisie financière au début du
XVIesiècle. Paris, 1895 - Jean
HALLIER : Jacques de Beaune, baron de Semblançay au service
des finances royales, in B.S.A.T., tome XLII, 1989.) d'où
1.
Jacques fut trésorier de la reine Anne en novembre 1495 par
résignation de son père ; il abandonne cette charge en
1501 pour entrer dans les ordres. Il devient protonotaire apostolique
mais ne parvient pas à obtenir un eanonicat à
Saint-Gatien de Tours. Il est cependant pourvu de ce bénéfice
à Saint-Martin le 25 mai 1502, échange avec son oncle,
le cardinal Briçonnet, la prévôté de
Varennes contre la chapellenie de Notre-Dame-de-Pitié.
Finalement et sur l'intervention de l'archevêque de Tours, le 9
août 1503, il entre au chapitre Saint-Gatien comme diacre.
Après bien des difficultés, il accède à
l'épiscopat. Protégé de la reine, il prête
serment comme évoque de Vannes le 30 novembre 1504. Il
administre en outre le diocèse de Tours comme vicaire général
de Charles del Carreto le 25 juillet 1509. Il meurt en 1510.
2.
Guillaume (?-vers 1540). Guillaume de Beaune est le fils cadet de
Jacques de Beaune (exécuté en 1527) et de Jeanne Ruzé.
Le 2 octobre 1512, il épouse Bonne, fille de Jean Cottereau
trésorier de France en Languedoc depuis octobre 1506. Elle lui
apporte une dot de 10 000 livres. En juin 1480, il est investi des
fonctions de receveur général des finances en Dauphiné
et Provence. A l'avènement de Charles VII en 1483 il y ajoute
le Languedoc et le Roussillon. Trésorier général
de la reine Anne de Bretagne, il est remplacé dans cette
charge par Jacques, fils de son cousin Guillaume, receveur du Poitou.
Son père lui cède sa charge de receveur général
de Languedoc vers 1516. Il devient gouverneur et bailli de Touraine
en 1 522 quand son père, titulaire de cette fonction depuis
1516, obtient en sa faveur la survivance de la charge en 1522.
Guillaume de Beaune est élu maire de Tours le 1er novembre
1517 et il est confirmé pour un an dans ces fonctions le 29
décembre 1518. Aux côtes de son père, il
participe à des opérations de financement de la
politique royale, notamment pour les guerres d'Italie. Il se trouve
engagé dans le système des avances et des prêts à
intérêt. Ainsi il tente d'assurer le remboursement des
100 000 écus d'Ecosse sur des offices récemment créés.
Quand son père est condamné à mort, il
interjette appel en son nom pour la confiscation de ses biens. Dès
mars 1528 il a, dans une lettre à La Trémoille, indiqué
qu'il renonçait à la succession de son père et
écrit : « le peu de bien qu'il a pieu à Nostre
Seigneur me donner n'a rien de commun avec celuy dudit deffunt, ne
m'est subject à ses debtes ». La reine-mère
Louise de Savoie nourrissait à son égard une franche
hostilité, autant du reste qu'à son père.
Secondée par le chancelier Duprat, elle fait diligenter les
poursuites judiciaires. Guillaume de Beaune est accusé d'avoir
dérobé 37 556 livres tournois. Par prudence, il quitte
le royaume au mois de juillet 1528 pour se réfugier à
Cologne et à Francfort en emportant l'inventaire dressé
par son père. Il est reconnu coupable de crime de lèse-majesté
le 11 février 1529. condamné par coutumance à
être pendu et étranglé ; il perd ses offices et
ses biens sont confisqués. Il obtient toutefois des lettres de
rémission pour les amendes prononcées. Enfin en avril
1529 il est pardonné. Il restitue 10 000 livres au roi ainsi
que des bijoux engagés par son père à un de ses
créanciers. Il rentre en jouissance de la baronnie de
Semblançay. . Puis il vend ses charges à Antoine Bohier
le 29 septembre 1529. Par arrêt du Parlement du 1 I février
1530, la baronnie de Semblançay. la prévôté
de Neuvy, le fief des Ponts-de-Tours et la vicomté, la maison
de Dunois sont attribués à sa mère Jeanne Ruzé
et à lui-même. La tolérance royale est sans doute
l'effet de la reconnaissance des services qu'il a rendus à
Marignan, en Allemagne en 1519 et en Navarre en 1521. Il reste
cependant quelques temps encore en exil. La mort de Louise de Savoie
en 1531 et surtout celle du chancelier Duprat en juillet 1435 lui
permettent de rentrer en France, dès l'été 1535
selon Carré de Busserolle. On ignore la date précise de
sa mort. De Bonne Cottereau, sa femme, Guillaume de Beaune eut cinq
fils : Jean de Semblançay ; Jean de la Tour d'Argy ; Renaud de
Beaune qui devint archevêque de Bourges (1527-1606); Martin de
Beaune évêque de Puy et Claude de Beaune. D'où
a.
Renaud (1527-1606). Renaud de Beaune est né à Tours le
12 août 1527 de Guillaume de Beaune, et de Bonne Cottereau dont
il est le troisième fils. Il occupe tout d'abord des charges
administratives. Conseiller au Parlement de Paris, président
des enquêtes, il devient maître des requêtes et
chancelier de François de Valois, duc de Tourainc. I! embrasse
ensuite la carrière religieuse, fl est tour à tour
chanoine de Paris, prévôt de Saint-Martin de Tours,
prieur de Grandmont et abbé de la Clarté-Dieu, de
Seuilly, de Bonneval, de Molesme et de Coulombe. L'évcché
de Mende lui est attribué en 1568. Il est ensuite transféré
à l'archevêché de Bourges le 10juillet 158!.
Henri IV le nomme grand aumônier et
commandeur de l'Ordre du Saint-Esprit en 1591 puis archevêque
de Sens le 26 mai 1594; i! reçoit ses bulles le 29 avril 1602.
Renaud de Beaune a joué un rôle de premier plan dans le
règlement des conflits politiques et religieux de la fin du
XVIe siècle. Animé du souci
de pacification, il s'emploie à convaincre les Ligueurs de
reconnaître les droits de Henri de Navarre sur la couronne de
France, notamment lors des conférences tenues à
Suresnes, peu de temps après l'échec des Etats de la
Ligue. Renaud de Beaune parvient à fléchir le prince et
il peut annoncer la conversion de Henri IV. Le
25 juillet 1593 a lieu l'abjuration à Saint-Denis. A cette
occasion, Renaud de Beaune, archevêque de Bourges, entend le
prince en confession, lui donne la communion et prononce le sermon.
Il meurt à Paris en septembre 1606 et est inhumé dans
le chœur de la cathédrale Notre-Dame. On lui doit
plusieurs oraisons funèbres, notamment celles d'Anne de Thou
femme de Philippe Hurault de Chiverny, chancelier de France (1589);
du cardinal René de Biragues, chancelier de France (1583) et
surtout celles de François, duc de Touraine (1584), de la
reine d'Ecosse Marie Stuart (1587) et de Catherine de Médicis
(1589). Défenseur des droits de l'Eglise gallicane, Renaud de
Beaune est l'auteur de plusieurs remontrances au roi (1582 et 1588)
et d'une Déclara-lion ou harangue J'aide aux Estais tenus à
Blois le 15 janvier 1589. Il est aussi l'auteur d'une Traduction des
pseaumes de David (imprimée en 1637) ainsi que d'une
Réforma!ion de l'Université de Paris composée
par ordre du roi Henri IV en 1601.
3.
Martin (1497-1527). Fils aîné de Jacques de Beaune et de
Jeanne Ruzé (selon Carré de Busserolle), ou troisième
fils (selon Alfred Spont). Martin de Beaune naît à Tours
à une date inconnue. Il devient prieur du Bois-Rayer le 20
décembre 1510 et succède dans ce bénéfice
à son frère Jacques évêque de Vannes.
Chancelier et doyen de l'Eglise de Tours, il est nommé
archevêque de Tours le 9 août 1520 à la place de
Christophe de Brillac moyennant 2 500 florins payés en cour de
Rome. Ce doyen de Saint-Gatien, prieur du Bois-Rayer, chanoine de
Saint-Martin, est encore cellerier de Saint-Florentin-le-Vieil
d'Angers et abbé de la Couture du Mans. Il n'est alors âgé
que de 23 ans, ce qui le ferait naître en 1497. Il reçoit
le pallium archiépiscopal et prête serment les 5 et 24
décembre de l'année 1520. Il fait son entrée
dans sa ville archiépiscopale le 16 mars 1522 en présence
de son père Jacques de Beaune qui, à cette occasion,
offre cinq chapes de soie violette à Saint-Gatien et cinq
autres de soie blanche à Saint-Martin. Pour aider son père
dans ses déboires financiers, Martin de Beaune lui remet le
montant des revenus du diocèse en 1523 pour la somme de 10 000
livres. Il cherche à le consoler dans une lettre du 2 mars
1527 : « Je entendz bien par voz lettres les affaires que vous
avez de deniers et d'argent. Je y foys de ma part en debvoir et
obligation filiale ce que ma puyssancc peult à presser et
parler à mes gens, scelleurs et fermiers, pour avoir et
obtenir votre oplat que n'auriez en ce et aultres chouscs comme je
vouîdroys bien... » Lors de l'emprisonnement de son père,
l'archevêque se dit mort « d'ennuy et mélancolie
». Peu de faits sont connus de l'épiscopat de Martin de
Beaune. Le ler mai 1524 il consacre la chapelle de Sainte-Madeleine
d'Amboise et le 13 juin 1527 celle d'Estabieau fondée par
Marie de Montberon, veuve d'Arthur de Villcquicr. Il refait les
fenêtres de l'officiante de Tours et surtout la tribune
extérieure où les sentences sont rendues. Ses armes y
sont gravées. Martin de Beaune meurt le 2 juillet 1527 avant
le jugement qui condamne à mort son père. Il est inhumé
dans sa cathédrale, à droite du grand autel.
4.
Marie de Beaune, elle épouse Raoul Hurault, général
d'Outreseine.
5.
Une autre fille épouse René du Chesnel, sieur d'Auge
d'après le Père Anselme
Dupré
ou Du Pré (François), seigneur
de Cossigny-en-Brie, conseiller. — Receveur particulier de
l'octroi au diocèse de Mende en 1520 ', nommé
conseiller au Grand Conseil par provisions données à
Blois le 20 novembre 1530, prêta serment entre les mains du
chancelier le 12 décembre 1530 et devant le Grand Conseil le
16 2. Mort en 1562. Il était fils de Jean,
secrétaire du roi3. Il avait épousé
Cécile Prudhomme, fille de Guillaume Prudhomme, seigneur de
Fontenay-en-Brie, secrétaire du roi et général
des finances 4, dont il eut trois enfants : Jean, seigneur
de Cossigny, maître des comptes à Paris, Madeleine et
Anne (5)
M. Pelletier, op.
cit., p. 201, n° 24.
Ibid.
— Dans Arch. nat., U 631, p. 497 et 588, la date de
réception est du 24 oc
tobre 1531.
M.
PELLETIER, ibid., et Arch. nat., Y 8, fol. 188v°. —
Dans Les Notaires et Secré
taires
du roi..., op. cit., t. II, pi. XLI, François Dupré a
pour père Nicolas Dupré, rece
veur des amendes du
parlement de Paris et pour frère Jean, secrétaire du
roi.
Hommages
rendus à la Chambre de France..., op. cit., t. I,
n° 1259 (1er mars 1557).
Hommages
rendus à la Chambre de France..., op. cit., t.
I, n° 1260 (2 novembre
1570).
(source:
C. Trani, les officiers aux gd conseil, in mem Paris Ile de France,
1991)
copyright Jacques Le Marois - Dernière modification: Nov 2005 - N'oubliez pas de citer vos sources! Il peut y avoir des compléments dans le tableau d'ascendance correspondant (b21)