Familles BINET (Tours) - BRICONNET (Tours) - BEAUNE (de) (Tours) - DU PRE, de Cossigny, Passy

Des corrections ou compléments ? mel lemarois

Sommaire:


BINET (Tours)
Biographies mise en généalogie - il peut y avoir des fautes de retranscriptions.
Source: Laurencin

Les Binet se rattachent à une vieille famille tourangelle dont les noms apparaissent au cours de la seconde moitié du XIVe siècle. Deux changeurs portant ces noms sont Raoulet et Robin attestés entre 1361 et 1390.

I. Jean BINET, lieutenant général de Touraine et à son fils Jean époux de Jacquette Ruzé
II. Jacques BINET, écuyer de cuisine du roi, époux de Marie de PONCHER en 1464, est anobli en 1471. Gouverneur du château de Tours en juillet 1461, en remplacement d'Antoine d'Aubusson, il figure parmi les soixante-seize élus de la municipalité de Tours créée le 7 octobre 1462. Seigneur de Valmer, d'Andigny, des Tourelles et de la Guinière, on lui attribue en partie la construction de l'hôtel familial dans la seconde moitié du XVe siècle. Son portrait a été peint par Jehan Fouquet. Jacques Binet serait né vers 1439. d'où
1. Etienne Binet, juge et lieutenant général au bailliage de Tours épouse Jeanne Beauvalet, fille de Julien, marchand connu à Tours. Avec sa femme, il est membre de la confrérie Saint-Gatien et de bien d'autres encore. En 1502, il est parmi les procureurs et défenseurs des Minimes au temporel. D'où
a. Guillaume Binet, fils d'Etienne Binet et de Jeanne Beauvalet, fut chanoine de la cathédrale de Tours et curé de Saint-Saturnin
2. Patrice Binet. marchand, homme de confiance de la reine qu'il suit dans la plupart de ses déplacements et qu'il fournit en draps de soie, perles et diamants, est marchand de l'argenterie. Lui aussi est très lié à l'ermite du Plessis, François de Paule qu'il visite souvent, comme l'atteste le témoin 39 du procès canonique. Ancien valet de chambre du roi Louis XI, il épouse Catherine Bernard, fille de Jean Bernard et de Catherine de Beaune.
3. Raoult/Arnoul Binet, sieur de Beauregard, époux de Marie Mignel d'où
a. Jean Binet, seigneur des Tourelles et chanoine de Saint-Gatien de Tours
4. Macé qui suit III.
7. François (1472-1524). Septième fils des seize enfants de Jacques Binet, gouverneur du château de Tours et de Marie Poncher. François Binet est né à Tours en 1472. Après des études à Paris, il entre à l'abbaye de Marmoutier près de Tours puis en devient le grand prieur. La tradition veut qu'il ait mené une vie religieuse des plus lâches au point de donner l'exemple de son inconduite, pratiquant la chasse et le jeu avec les gentilshommes de la cour de Plessis-lès-Tours. La fréquentation de l'ermite calabrais du Plessis, François de Paule le mène sur le chemin de la conversion racontée par Dom Martène dans son histoire de Marmoutier et par François Binet lui-même. La rencontre avec l'ermite semble avoir été préparée par le religieux Germain Le Grand, un ami de Binet et surtout par Olivier Maillard, auteur de L'instruction et consolation de la vie contemplative et de Contemplation sur la salutation angélique, désireux d'étendre la réforme bénédictine entamée au monastère berrichon de Chézal-Benoît. C'est lui qui facilite l'entrée de François Binet dans la solitude de l'ermite, en dépit de l'opposition de Guy Vigier, abbé du monastère de Marmoutier. François Binet est donc reçu par François de Paule au Plessis-lès-Tours ; il y est accueilli avec bonté par l'ermite qui « l'embrasse », le réconforte et « l'entretient des instabilités et des vanités du monde, des joies du paradis et du plaisir qu'on trouve à servir Dieu ». François Binet, aux goûts jusqu'alors mondains, partage les « pois, racines cuites avec de l'eau et du sel, à quoi on a ajouté un peu d'huile à sa considération » ; et il « couche sur la paille ». L'abbé de Marmoutier, Guy Vigier, s'oppose d'abord à ce que le bénédictin François Binet prenne l'habit de l'ermite. Sa résistance n'est vaincue qu'au prix d'un arbitrage rendu par les docteurs de l'université et des franciscains. Les railleries s'abattent sur François Binet. Il résigne alors sa charge de grand prieur de Marmoutier et rejoint François de Paule à l'hospice de Saint-Mathias où vit l'ermite de Calabre, dans la basse-cour, près de l'enceinte royale du château du Plessis à l'extrémité du pont-levis. C'est l'archevêque de Tours, Robert de Lenoncourt, qui, en 1501, revêt François Binet de la bure des ermites en présence de François de Paule. I! est un de ses confidents et conseillers, notamment pour la rédaction de la règle de l'ordre des Minimes, qu'il adresse au pape pour obtenir l'approbation. Après la mort de François de Paule, François Binet est élu correcteur général de l'ordre lors du premier chapitre général tenu à Rome en 1509. Au chapitre générai de Tours en 1511, le tourangeau Germain Lyonnet lui succède. En 1513, il est réélu correcteur général et confirmé dans ces fonctions par le chapitre généra! de Toulouse en 1514. Remplacé par le tourangeau François Cerdon, il est réélu au chapitre général de Nigeon-lès-Paris pour la dernière fois. Il s'occupa à Rome d'obtenir la canonisation de François de Paule qui a lieu le Icr juillet 1519 dans l'ancienne basilique Saint-Pierre par le pape Léon X. Il meurt à Rome au couvent de la Trinité-des-Monts en 1520 (selon Moréri et Chalmel) ou en 1524 selon Dom Martène. Louis Doni d'Attichi. minime et évêque d'Autun a écrit sa vie dans son Histoire de l'ordre des Minimes en 1624.
8. Jean Binet devient abbé de Saint-Julien de Tours le 31 mai 1515 en remplacement de Jean de Quédillac ; il meurt vers 1530.
III. Macé BINET. Il fut autorisé par le Pape, en considération de ses mérites, à manger de la viande les jours defendus avec 6 personnes de son choix. Il était membre de la compagnie qui tient la boutique de l'argenterie du roi avec Regnault Briçonnet, Martin Famé et Jacques de Beaune, formée avant le 1er octobre 1493, au capital de 90 000 livres. Il s'allie à Jeanne Briçonnet, fille de Jean Briçonnet le Jeune dit Patron, marchand. Il semble avoir vécu jusqu'en 1530 et avoir transformé le logis familial gothique selon le style de la Renaissance x Jeanne BRICONNET d'où
1. Jean (fin du XVe siècle-milieu du XVIe siècle). Jean Binet, fils aîné de Macé Binet et de Jeanne Briçonnet, épouse en 1507 Jeanne de la Lande puis en secondes noces, en 1528, Isabeau de Fromont. Seigneur d'Andigny sur la paroisse de Saint-Etienne-de-Chigny (1507), de Valmer à Chançay, des Vaux, de la Picardièrc et de Vaumorin à Chançay (1523), de File-Barbe et de Launay à Limcray, des Tourelles à Fondettes, il est maître d'hôtel du roi et de la reine de Navarre, puis receveur général du Berry eî trésorier des finances du duc d'Alençon (1523). Jean Binet est nommé maire de Tours en novembre 1524 et succède à Jean Papillon pour un an. A l'origine de la construction de l'église du Vieux-Bourg à Saint-Etienne-de-Chiny, il est représenté avec sa femme sur un vitrail. Sept enfants sont issus de son mariage avec sa première épouse, Jeanne de la Lande.
2. Jean Binet, fils cadet de Macé Binet et de Jeanne Briçonnet, frère du précédent, est seigneur de Nitray à Athée (1531), de Montifray à Beaumont-la-Ronce, de la Borde et des Grandes-Ortières à Monts (1543). Il devient maire de Tours en 1543-1544 et fait édifier le château de Nitray. De sa femme, Marie Lopin, il a trois fils : Pierre époux de Catherine Dupré : Jérôme seigneur des Baudes, maire de Tours en 1600, époux de Anne Gautier et de Marie Philippeaux en secondes noces et Louis Binet marié à Marie Gautier d'où
a. Jérôme (fin du XVIe siècle-milieu du XVIIe siècle). Jérôme Binet, fils cadet de Jean Binet (maire de Tours en 1543) et de Marie Lopin, est seigneur des Baudes à Fondettes (1650) et de Bas-Cousse à Vernou (1635). Il épouse en premières noces Anne Gautier puis se remarie avec Marie Philippeaux. Jérôme Binet devient maire de Tours en 1600 pour un an en succédant à Jean Tardif. On lui doit la destruction du port et de la porte de la Guerche, l'accord pour l'établissement à Tours du couvent des Capucins.



BRICONNET (Tours)

Biographies mise en généalogie - il peut y avoir des fautes de retranscriptions.
source: Laurencin, dico bio Touraine.
Biblio: Bernard CHEVALIER: Tours, ville royale 1356-1520, Paris-Louvain, 1975 - Claude BASSEREAU : Jean Briçonnet et Jean Briçonnet le Jeune, bourgeois de Tours et financiers au XV siècle, Tours, 1951 - Guy BRETONNEAU : Histoire généalogique de la Maison des Briçonnet, Paris 1620.
Attention les filiations sur les trois premiers degrés sont contradictoires suivant les arbres que l'on trouve sur internet.

Les Briçonnet appartiennent à l'une des plus célèbres et des plus influentes familles tourangelles du début du XVe siècle au début du XVIe siècle. Au service des rois installés en Touraine, elle figure au tout premier rang d'un quinzaine de familles locales parvenues au sommet de la puissance et de la gloire. D'abord voués aux activités commerçantes, les Briçonnet les abandonnent peu à peu pour devenir trésoriers et receveurs généraux selon le schéma qui s'applique aussi aux Bérard, Beaune, Berthelot, Bohier. Ruzé, Binet, etc. C'est Jean Bourré, l'ami et le confident du roi qui permet aux Briçonnet de se hisser au premier rang de la société locale et de l'entourage royal. Une telle ascension suscite bien des jalousies et des rancunes tenaces, comme le remarque Philippe de Commynes dans ses Mémoires en notant que le jeune roi Charles VIII « était craintif de déplaire à ceux à qui il donnait crédit et spécialement à ceux qui menaient ses finances comme ledit-cardinal (Guillaume Briçonnet), ses frères et ses parents ». Le premier membre de cette famille mentionné dans les actes, sous le roi Louis VI, est un seigneur possédant un château sur les rives de la Loire, vivant de brigandages et rançonnant les marchands traversant le fleuve. Le roi s'empara du château, le fit raser et confisqua les terres. A la fin du XIVe siècle, sous Charles V, le nom réapparaît en la personne de Bertrand Briçonnet, bourgeois de Tours, chevalier et maître des requêtes de l'Hôtel du roi. On trouve encore en 1368 un Jean Briçonnet, procureur des habitants de Selles, Saint-Aignan et Valençay, de nouveau attesté vers 1386-1395 et qui semble être l'époux de Jeanne Carré, fille du changeur ; et en mai 1387, un autre Jean Briçonnet, clerc de la chapelle du duc de Touraine. Enfin, un autre Bertrand Briçonnet, marchand chaussetier et juge-mage de Touraine.

Enfants de Pierre ou Jean Briconnet (Tableau in Laurencin, en contradiction avec les biographies))
1. Bertrand +1484
2. Pierre chanoine
3. Perrine x Charles AYROLDE
4. Jeanne x Jacques BOUHALLE
5. Marie x Geoffroy TRAVERS
6. Jean l'ainé 1420-1493 Jeanne BERTRELOT
7. André +1472 x Nicole BONNARD d'om 4 filles
8. Jean Le jeune 1430-1502 x1. Catherine de BEAUNE x2. Jeanne de Neufbourg

I. Bertrand BRIÇONNET marchand chaussetier à Tours d'où
II. Jean BRIÇONNET procureur des habitants de Selles, Saint-Aignan et Valençay, de nouveau attesté vers 1386-1395 x Jeanne CARRé fille du changeur d'où
1. Pierre qui suit III.
2. Jean qui suit IIIbis.
III. Pierre BRIÇONNET +1438. La filiation de Pierre Briçonnet est longtemps demeurée obscure. Il semble acquis qu'il s'agit d'un fils de Jean Briçonnet et de Jeanne Carré et sans doute du petit-fils de Bertrand, marchand chaussetier à Tours. Il est receveur de Touraine d'octobre 1419 à octobre 1421, très versé dans les affaires financières. Avant 1423, il est procureur du roi en ses Chambres des Comptes et des Monnaies. Tabellion de 1417 à 1423 environ, il est élu des aides de la ville de Tours en mars 1424. Comme élu de la ville pour l'exercice 1422-1423, il participe aux Etats Généraux de Languedoïl réunis par Charles VII à Selles en Berry du 12 août au 23 septembre 1423. Il remet au roi une supplique pour exempter la ville de Tours de l'impôt municipal sur le vin (l'apetissement) pour trois années et de guet et garde bourgeoise. Sa démarche est couronnée de succès. Le 6 août 1428, le roi le nomme élu à Tours sur le fait des aides levées pour la guerre. En dépit d'un procès qui lui est fait par le bailli de Touraine, les gens d'Eglise et les bourgeois sur sa gestion des deniers de la cité, il est nommé le 8 octobre 1429 auditeur des comptes du receveur de la ville. Dans un texte de 1436 il est qualifié de « bourgeois ». Le 8 janvier 1437 il est élu par les bourgeois de Tours membre d'un conseil de douze habitants chargé de délibérer sur les affaires de la cité et de conseiller les élus. Il meurt en 1438. d'où
IV.. Jean BRIÇONNET le Jeune (vers 1430-1502). Surnommé Patron, c'est le quatrième fils de Pierre Briçonnet (mort en 1438). Il épouse Catherine de Beaune, fille de Jean de Beaune, un des plus gros négociants du royaume et un des partisans de la renaissance économique de la France sous Louis XI. Devenu veuf, il se remarie à Jeanne de Neufbourg. Brasseur d'affaires, moins intéressé par les charges administratives que par le grand négoce, c'est le type même du gros marchand tourangeau. Il s'associe à son beau-père Jean de Beaune pour le commerce des draps de soie, d'or et d'argent et divers articles de luxe. En 1451 il est mentionné dans les textes comme fermier de la traite des vins d'Anjou. En 1476 il se présente pour la soumission de la traite du sel pour 14 200 livres tournois. Louis XI l'envoie à Berne à la fin de juillet 1470 pour nuire aux intérêts des Bourguignons et obtenir à tout le moins la neutralité des cantons suisses dans la lutte entre la France et la Bourgogne. Il réussit ainsi à conclure une alliance défensive. Le roi l'envoie ensuite en Angleterre avec Jean de Beaune et une cargaison de draps d'or, de soieries, d'épices et de toiles fines valant 25 000 écus pour conclure en février 1471 un accord commercial permettant aux marchands anglais de vendre librement leurs draps en France et aux produits français de s'exporter Outre-Manche. En 1477, Louis XI l'appelle pour régler le différend avec les bourgeois d'Arras dont la ville a été annexée au royaume le 8 mai. Il joue surtout le rôle de premier plan dans les affaires de la ville de Tours. C'est grâce à ses initiatives que peut être fondée à Tours une manufacture de soies. Répondant à la volonté royale, il parvient à vaincre la résistance des Tourangeaux et à loger les soyeux venus de Lyon. De 1485 à 1492, il est receveur général des finances en Languedoc (charge qu'il abandonne à son fils aîné François), après avoir été receveur des aides et tailles dans l'élection de Paris. En novembre 1462 il est échevin de la ville de Tours. Il accède ensuite aux fonctions de maire de novembre 1469 à octobre 1470. Jean le Jeune est au nombre des membres de la délégation du corps de ville venue remettre les clefs de la cité au nouveau roi Louis XII à Montilz-sous-Bois en 1498 et il assiste à l'entrée solennelle du monarque dans la ville le 24 novembre 1500. Comme la plupart des Briçonnet, Jean le Jeune multiplie les fondations pieuses. En 1474 il est reçu membre associé de la confrérie de l'œuvre de Saint-Gatien. C'est grâce à son initiative qu'en 1470 est enfin réalisée la fusion et l'union dans la ville de Tours des petites écoles. Il meurt en février 1502. d'où
1. BRIÇONNET François (?-1504) Fils aîné de Jean Briçonnet le Jeune, il lui succède en décembre 1492 dans sa charge de receveur des aides de Paris qu'il exerce jusqu'à sa mort en 1504. A cette fonction, il ajoute en 1500 celle du maître de la Chambre aux deniers du roi. En 1495, il est receveur général des finances de Languedoïl et cette charge lui est conservée jusqu'à sa mort. Echevin de la ville de Tours, il en devient le maire du 1er novembre 1499 au 31 octobre 1500. En février 1499, il achète pour 7 629 livres les terres et seigneurie de Candé dans la vallée de l'Indre à Jean Bonin. Il y fait édifier le château vers 1503. Il meurt le 20 avril 1504. Seigneur de Candé, de Leuville et de la Kaërie, François Briçonnet épousa Denise BOUCHER D'ORSAY.
2. Jean Chanoine
3. Adam chanoine
4. Marie x Jacques LE ROY
5. Perrine x Jean de PONCHER
6. Catherine x Jean GEORGET
7. Jeanne x Macé BINET


IIIbis. Jean BRIÇONNET +1447 x Jeanne BELLETEAU d'où
1. BRIÇONNET Bertrand (?-vers 1484) Fils de Jean Briçonnet et de Jeanne Belleteau, il est notaire et secrétaire des rois Charles VII et Louis XI, maître des requêtes du roi, chargé de missions diplomatiques importantes. En 1459, il est ambassadeur extraordinaire de Charles VII auprès des cantons suisses. Il est investi des mêmes fonctions en 1462 en Angleterre pour signer une trêve et en Ecosse pour conclure des alliances; puis en Espagne en 1470. Honoré de la confiance royale, Bertrand Briçonnet est envoyé à Perpignan en 1463 afin de prendre la ferme des aides et enquêter sur les fraudes commises. En 1468, il participe aux négociations entre le roi Louis XI et François II, duc de Bretagne, en vue de prolonger les trêves. Certains historiens supposent qu'il devient clerc à la mort de sa femme. Les dates de sa naissance et de sa mort sont incertaines. Il semble cependant que sa mort se situe autour de l'année 1484. Son fils Jean fut conseiller-clerc à la cour du Parlement de Paris en avril 1492.
2. Jean dit l'ainé qui suit IV.
3. André Fils de Jean Briçonnet et de Jeanne Belleteau, André Briçonnet paraît être le frère ou à défaut le cousin de Jean l'Aîné. Sa naissance se situe vers 1430. Commerçant en grains, il devient notaire et secrétaire de Charles VII comme son frère Bertrand vers 1450-1452. Le 7 avril 1453, il prend à bail pour trois ans le greffe royal de Tours. On le retrouve à Caen en septembre 1462 aux côtés de Louis XI venu veiller au passage de Marguerite d'Anjou en Angleterre. La même année, il assiste son frère Bertrand dans une mission en Angleterre. Par lettres patentes du 25 octobre 1465, le roi lui confie l'office d'argentier pour un an. Du 14 décembre 1466 au 31 décembre 1471, il est chargé de la direction de la Chambre des deniers (paiement des dépenses royales de la bouche). Il épouse Jeanne (ou Nicole) Bonnard. On ignore la date de sa mort.
IV. Jean BRIçONNET dit l'ainé °v1420 +1493 x Jeanne BERTHELOT. Ce troisième fils de Jean Briçonnet, élu des aides de la ville de Tours (mort en 1438) est né vers 1420 sur la paroisse Saint-Clément. Il représente et symbolise au mieux la réussite de la famille qui, déjà solidement installée dans le monde de la finance, parvient de cette manière à se hisser au rang des grands serviteurs du roi. Son mariage ne fait que conforter sa position et ses liens avec les comptes et la haute administration. Il épouse en effet Jeanne Berthelot, fille de Jean Berthelot, changeur, marchand de sel, receveur de la ville de Tours, trésorier et maître de la Chambre aux deniers du roi. A la fin de l'année 1439 il apparaît déjà dans les actes comme auditeur des comptes de la ville de Tours. En avril 1445, Jean (ou Jehan) l'Aîné est envoyé en mission auprès de Charles VII pour obtenir en faveur de Tours le rabais de la taille et l'exemption du logement des gens de guerre. Fidèle au roi lors de la Guerre du Bien Public, il se voit confier des missions de confiance. Du 14 décembre 1466 au 31 décembre 1475 il est receveur général des finances en Langue-doïl. A la suite de la condamnation de Jacques Cœur le 28 mai 1453 il est désigné pour veiller à la garde, à l'administration et à la vente des biens séquestés du financier berrichon et l'on sait, d'après le testament de Jeanne Berthelot, que Jean l'Aîné a reçu plusieurs biens appartenant au financier déchu. Depuis 1462 il est receveur des aides et tailles de Tours, puis de Touraine en 1480. En mai 1474, Louis XI le charge de s'occuper de la reconstruction du mur d'enceinte du château du Plessis-lès-Tours. Mais à la mort du roi, en août 1483 (qu'il annonce le premier par une lettre aux Parisiens) une relative disgrâce semble le frapper. Il se consacre alors à l'administration locale. Dès 1447 il figure parmi les élus de la ville de Tours, en troisième position. Le 27 juillet 1461 l'assemblée de la ville le choisit comme échevin. Louis XI, en 1462, accorde à Tours et aux bourgeois des privilèges et réforme l'administration de la cité en créant un conseil de vingt-quatre cchcvins et en institutant l'élection annuelle du maire en dépit de l'opposition des chanoines. C'est à ce titre que le 8 octobre 1462 Jean l'Aîné est élu maire de Tours à l'unanimité jusqu'au 31 octobre 1463. Il devient ainsi le premier maire de la ville. A l'occasion de la tenue à Tours des Etats Généraux du royaume du 15 janvier au 7 mars 1484, sous Charles VIII, ii figure parmi les huit élus de la ville à l'assemblée préalable ; mais il est écarté de l'élection à l'assemblée définitive. S'agit-il d'une manifestation de disgrâce ? Anobli par lettres personnelles en juin 1475, bien que sa charge de maire lui ait en principe déjà conféré la noblesse, il meurt le 30 octobre 1493 à Tours et est inhumé dans l'église Sainte-Croix. De ses six enfants, un, Guillaume II, devient cardinal et un autre, Robert, archevêque de Reims et chancelier du royaume. Jean l'Aîné est chargé de veiller à la reconstruction du château de Langeais de 1465 à 1467 près du vieux donjon médiéval. Il possède l'hôtel Briçonnet rue du Change, demeure des maires de Tours. Surtout, il fait construire, à la place d'une chapelle ancienne destinée aux pèlerins de Saint-Martin, l'église Saint-Clément et en finance la réalisation. Symbole de cette ascension personnelle et familiale, le blason de ce premier maire de Tours gravé dans cette église : d'azur à la bande componée d'or et de gueules, avec une étoile d'or en chef et un croissant d'argent en pointe.
d'où
1. Guillaume +1477. Ce fils aîné de Jean Briçonnet l'Aîné et de Jeanne Berthelot épouse Jeanne BRINON, fille d'un avocat au Parlement de Paris. Il est reçu conseiller en ce parlement en 1470. Mort jeune, il est inhumé le 30 juin 1477 dans l'église Saint-Séverin à Paris. De lui descend la branche aînée des Briçonnet. Il laisse six enfants d'où
a. Jean +1538 conseiller au Parlement
b. Guillaume sgr de Glatigny receveur du Maine x Claude de LEVEVILLE
c. Jean trésorier du roi de Naples
d. Michel qui succède en 1514 à son oncle Guillaume, cardinal, comme évêque de Nîmes
e. Perrenelle x Olivier BARRAULT
f. Regnault ou Reynault +1510 Cinquième et dernier fils de Guillaume Ier et de Jeanne Brinon, Regnault (ou Reynauld) Briçonnet fonde à Tours dans les dernières années du XVe siècle. une association de plusieurs bourgeois pour le monopole de la vente des draps et du linge à l'Hôtel du roi en compagnie de Jean de Poncher. Puis il se retire de cette société qui fait faillite en 1499. En décembre 1493, il remplace son grand-oncle Pierre comme argentier du roi et en 1500 il est receveur des aides et tailles de Touraine. Il meurt en 1510 sans postérité. Il avait épousé Madeleine de CHAMPROND.
2. Jean +1477 BRIÇONNET. Troisième fils de Jean Briçonnet l'Aîné, il figure en 1468 pour la première fois dans les actes comme procureur de son père qu'il représente à Paris devant la Chambre des Comptes. En 1472 il est secrétaire-notaire du roi Louis XI et receveur de Touraine. Célibataire, et peut-être clerc, il meurt à Tours le 26 août 1477 et est inhumé dans l'église Sainte-Croix. Des généalogistes en font le second fils de non le troisième de Jean Briçonnet l'Aîné.
3. Martin +1502. Quatrième fils de Jean Briçonnet l'Aîné, il est destiné dès l'origine à la carrière ecclésiastique. Son père, dit-on, l'avait promis à saint Martin dans le cas où naîtrait un garçon et où sa mère serait sauvée à la suite de couches difficiles. Sa formation se déroule à l'école du chapitre de Saint-Martin de Tours. Il est reçu bachelier puis docteur en théologie, Ordonné prêtre, il est nommé curé de Notre-Dame-la-Riche en 1475, chanoine de Sainte-Maure la même année puis de Saint-Martin de Tours en 1484. Anobli en décembre 1480, il devient grand archidiacre de Reims vers la fin de sa vie. Il meurt le 5 septembre 1502 et est inhumé dans le chœur de la collégiale Saint-Martin devant l'autel. Certains généalogistes en font le troisième fils de Jean Briçonnet l'Aîné.
4. Robert +1497. Cinquième fils de Jean Briçonnet l'Aîné. Robert Briçonnet est né à Tours à une date inconnue et comme son frère Martin, il est destiné à la carrière ecclésiastique. Licencié en droit canon et en droit civil, il est pourvu en 1475 d'un canonicat à Saint-Martin de Tours et devient le prévôt du chapitre abbatial. Vers 1480, le roi Louis XI l'appelle à Paris comme desservant de la Sainte Chapelle. Abbé de Saint-Waast d'Arras en 1489, il devient en 1490 président de la Chambre des Enquêtes et en 1494 président de la Chambre des Comptes. En 1493 il est élu par le chapitre cathedral archevêque de Reims. Son élection est confirmée par le pape Alexandre VI en mars 1494. Comme tel, il devient duc et premier pair de France, Il accompagne Charles VIII en Italie et reçoit en 1495 la charge de chancelier de France. C'est en cette qualité qu'il dissuade le roi d'ériger un parlement à Tours. Rentré en France à la fin du mois d'août 1495, il abandonne son office de président de la Chambre des Comptes au profit de son neveu Guillaume, évêque de Lodève. Il meurt à Moulins le 3 juin 1497 et est inhumé dans l'église collégiale de Notre-Dame.
5. Guillaume °1445 +1514 qui suit V
6. Pierre +1509. Sixième et dernier fils de Jean Briçonnet l'Aîné, on ignore tout de ses premières années, et même la date de sa naissance. On sait pourtant que, jeune, il quitte Tours pour s'embarquer à bord de galères en Méditerranée, chargées d'importer des produtis orientaux. Sa mère, dit-on, l'aurait encouragé à devenir marin et à courir l'aventure. I1 renonce à cette première vocation vers avril 1476, cesse tout commerce et vient s'installer à Tours pour se lancer à la conquête d'offices. Il est déjà notaire et secrétaire du roi quand, le 26 juin 1478, il devient argentier de Louis XI et maître de la Chambre aux deniers du dauphin Charles en remplacement de Jean de Beaune. En septembre 1482 il devient maître extraordinaire à la Chambre des Comptes et en 1483 il s'occupe des obsèques du roi Louis XI qui se déroulent à Saint-Martin de Tours. En 1493, son frère Guillaume, élu à l'évêché de Saint-Malo, lui cède sa charge de général des finances du Languedoc. Le 18 août 1494, il part pour l'expédition d'Italie et c'est à cette occasion qu'il reçoit le collier de l'ordre de Saint-Michel. Charles VIII s'étant assuré de la possession du royaume de Naples, Pierre Briçonnet reçoit en récompense les seigneuries de Martina et de Francavilla. De retour en Touraine, il devient maire de Tours pour l'exercice 1496-1497. Sous Louis XII en 1514 il retourne en Italie pour participer à la guerre. Adoublé avant 1504, c'est en se rendant une nouvelle fois en Italie qu'il trouve la mort à Lyon en avril 1509. Il est inhumé à Orléans. C'est lui qui accueille, au nom de Lous XI, l'ermite calabrais François de Paule appelé à vivre au Plessis-lès-Tours. Le roi le charge plus particulièrement de la surveillance de l'ermite et de lui procurer ce qu'il demande. Il rapporte au roi les moindres détails de sa vie, ses longues heures d'extase et d'oraison, ses jeûnes prolongés, sa vie d'oraison. Chargé en 1490 de la construction du nouveau couvent des Minimes de Jésus-Maria, au Plessis-lès-Tours, il en finance en partie l'œuvre sur ses deniers personnels. Il devient le procureur et le défenseur de cette communauté au temporel en 1502. Pierre Briçonnet épouse Anne Compaing en 1496. d'où 6 enfants
V. Guillaume BRIçONNET °1445 +1514 cardinal x Raoulette de BEAUNE. Né à Tours en 1445, fils de Jean Briçonnet l'Aîné et de Jeanne Berthelot, Guillaume est sans doute le plus connu et le plus célèbre représentant de cette famille. Il épouse Raoulette de Beaune, fille de Jean de Beaune, sœur du surintendant Jacques de Semblançay et belle-sœur de Jean Briçonnet le Jeune. De cette union sont issus cinq enfants dont deux évêques : Guillaume évêque de Meaux et Denis évêque de Saint-Malo. Par tradition familiale, il se consacre d'abord au commerce notamment celui de l'argenterie; en 1477. il vend à Louis XI un diamant de 500 écus. En 1480, il entre directement au service du roi comme conseiller, notaire et secrétaire des finances. Il est en outre chargé de surveiller les ouvriers soyeux installés à Tours par son oncle Jean Briçonnet le Jeune. Il doit à son beau-père de Beaune d'avoir été introduit dans l'entourage du dauphin Charles qui, une fois devenu le roi Charles VIII, en fait son conseiller favori et son premier ministre. En août 1483, il est nommé général des finances en Languedoc ; en octobre, il s'adjoint les mêmes fonctions en Provence, Dauphiné et Roussillon-Cerdagne. Membre du Conseil dès 1484, il entre à ce titre dans l'intimité des Beaujeu qu'il sert avec une constante fidélité. En 1486, il dénonce Philippe de Commynes, son ennemi, et contribue à son arrestation. Sa position lui permet d'obtenir, en 1492, pour son fils Jean, l'office de conseiller au Parlement de Paris. Veuf en 1487, il décide alors d'entrer dans les ordres et Angelo Catto, archevêque de Vienne, médecin et astrologue de Louis XI lui prédit qu'il deviendra presque pape. Le 10 octobre 1493, il est évêque de Saint-Malo. Principal conseiller de Charles VIII, il accompagne le roi dans la guerre d'Italie et laisse à son frère Pierre la charge de général des finances en Languedoc et à son fils Jean celle du Dauphiné et de la Provence. Habile manœuvrier, il extorque aux Médicis, lors de la première campagne de Naples, 17 500 ducats. Son rôle dans la politique italienne de Charles VIII semble avoir été déterminant et certains historiens voient en Guillaume Briçonnet l'instigateur de la conquête du royaume de Napîes. A la demande de Charles VIII, le pape Alexandre VI le crée cardinal le 16 janvier 1494 après la réconciliation entre les deux souverains. Mais avec l'élection en 1503 du nouveau pape Jules II, les relations entre Louis XII et le pontife se détériorent. Le nouveau pape, alarmé par la politique italienne de la France qu'encourage le cardinal Briçonnet, obtient notamment l'alliance de Ferdinand à qui il donne l'investiture du royaume de Naples. Un concile national est réuni à Orléans puis à Tours en 1510. Les prélats y déclarent que le roi peut combattre le pape pour la sécurité de ses possessions et que les censures prononcées contre lui sont sans valeur. Ils affranchissent le royaume de France de l'obédience de Jules II. Le 1er mars 1511, les évêques de France, réunis à Lyon, font appel au concile général de l'Eglise. Contre l'avis de Jules II s'ouvre alors à Pise un concile, considéré comme schismatique. Il réunit 14 cardinaux, 15 évêques, des abbés, des députés des universités de Toulouse et de Poitiers, quelques docteurs de Paris. Dès l'ouverture, le 1er novembre 1511, le cardinal Briçonnet est présent. Tandis que Jules II met l'interdit sur le royaume de France et que les Pisans se soulèvent, le concile poursuit ses réunions à Milan à partir de janvier 1512. Le 19 avril, Jules II est cité à comparaître; le 21 il est déclaré suspens par eontumance. Les troupes françaises ayant dû quitter Milan, le concile se transporte et achève ses sessions à Asti puis à Lyon. Jules II prononce contre le cardinal Briçonnet et d'autres prélats la peine d'excommunication ; la dignité cardinalice lui est retirée et le pape décide la réunion d'un concile général. Ce Ve concile général du Latran s'ouvre donc le 3 mai 1512 en présence de Jules II, de 1 5 cardinaux, des patriarches latins d'Alexandrie et d'Antioche, de 10 archevêques, de 56 évoques, d'abbés, des ambassadeurs du roi Ferdinand, de Venise et de Florence, mais en l'absence des prélats réunis à Pise. Il est maintenu par le nouveau pontife Léon X qui en prononce la clôture le 16 mars 1517. Les actes du concile de Pise sont annulés et les excommunications sont confirmées. La mort de Jules II le 21 février 15 ! 3 et la lecture, lors de la huitième session, le 17 décembre 1513, d'un acte de Louis XII désavouant le concile de Pise et adhérant au concile du Latran favorisent le retour vers l'unité. Dès la neuvième session, les prélats français font leur soumission, adhérent au concile du Latran. Léon X prononce alors l'absolution des censures prononcées. Guillaume Briçonnet est rétabli dans ses dignités. Le 19 décembre 1516, le concile condamne et révoque la Pragmatique Sanction de Bourges ...du 7 juillet 1438 et approuve le Concordat de Bologne d'août 1516. La carrière du cardinal Guillaume Briçonnet ne s'en poursuit pas moins. Le 24 août 1497 il est devenu archevêque de Reims à la mort de son frère Robert. Son élection a été savamment préparée par la remise d'un écu d'or à chaque chanoine. C'est en cette qualité queie 27 mai 1498 il sacre le nouveau roi Louis XII à Reims assisté de ses deux fils, Guillaume évêque de Lodève et Denis évêque de Toulon. Auparavant, et pour une très courte période, en 1496, il avait été élu évêque de Nîmes. Abbé de Grandmont, il est élu abbé de Saint-Germain-des-Près en septembre 1503, grâce à l'intervention de son fils qui lui succéda dans cette fonction. Se contentant de percevoir les bénéfices abbatiaux, il résigne très rapidement cette charge en faveur de son fils Guillaume. En 1507, il devient lieutenant général du roi en Languedoc. Puis il résigne l'archevêché de Reims pour celui de Narbonne la même année. Le 25 août 1494, il est devenu garde des sceaux de Charles VIII et chancelier en août 1495. Mais la mort du roi Charles en 1498 marque le début d'une perte de crédit au profit de son compatriote Georges d'Amboise. En 1514, i! résigne son évêché de Saint-Malo en faveur de son fils Denis tandis que celui de Nîmes échoit à son neveu Michel. Puis il se retire dans son diocèse de Narbonne ; il y meurt le 14 décembre 1514 et est inhumé dans l'église Saint-Juste. Certains contemporains l'on décrit adroit, fourbe et très sincèrement ambitieux. L'ambassadeur de Florence en 1498 le juge «non bene amici délie nazione nostra ». D'autres, au contraire, ont vanté son zèle et ses talents, soulignant qu'il était le véritable oracle pour le roi Charles VIII. Son ennemi Philippe de Commynes lui reproche ses origines roturières et son ascension fulgurante au point que circulent contre lui libelles et chansons : « Du fils d'un enfonceur de fesses, il (le roi) en fit un diseur de messes ! » Ce n'est que l'écho un peu brutal de la haine que nourrissent contre lui les grands seigneurs comme Commynes. A Tours, le cardinal Briçonnet possédait le bel hôtel où il se rendait de temps à autre et qui fut celui de son père Jean l'Aîné premier maire de la ville. On lui doit, aussi l'achèvement ou la décoration selon le style de la Renaissance de deux églises de Tours. D'abord l'ancienne église Saint-Saturnin où Michel Colombe exécute un bas-relief représentant la mort de la Vierge. Ensuite l'église Saint-Clément construite grâce à son père et complétée par une tribune à rinceaux italianisants. Le tombeau de la famille Bohier-Briçonnet a été exécuté par Jean Juste vers 1526 à Saint-Saturnin. D'où
1. Jean +1548 x Louise RAGUIN. Né vers 1470, ce Jean Briçonnet est l'aîné des quatre fils de Guillaume . Il est d'abord conseiller au Parlement de Toulouse puis à celui de Paris en 1492. Son père lui abandonne sa charge de général des finances du Dauphiné et de Provence en 1493. En 1497 il devient deuxième président de la Chambre des Comptes à la place de son frère Guillaume III (évêque de Lodève puis de Meaux) et il administre l'Hôtel-Dieu jusqu'en 1540. Il meut en 1548 et il est inhumé dans l'égiise Saint-Jean~de-Grève à Paris. Seigneur du Plessis, il épouse Louise Raguin.
2. Guillaume (1470-1534). Second fils de Guillaume II Briçonnet et de Raoulette de Beaune, il est né à Tours en 1470 (ou 1471-1472). En 1486 il est inscrit au Collège de Navarre à Paris. Ses maîtres qui auront par la suite une très directe influence sur son comportement sont inspirés par le souci de réformer l'Eglise : Jean Raulin, Louis Pinelie qui dénonce les abus des indulgences, se montre partisan de la réforme monastique et attaché à la dignité des clercs, et le théologien Ludovicus Gailus. Le 24 avril 1489 il est pourvu de l'évêché de Lodève ; mais, n'ayant pas atteint la majorité canonique, il ne porte encore que le titre de comte de Montbrun attaché à cette dignité. Il poursuit ses études théologiques à Paris et a pour maître Josse Clichtove ; il est le disciple de Lefèvre d'Etaples enseignant la philosophie au collège du Cardinal-Lcmoinc. C'est à Orléans qu'il fait ensuite ses études de droit. Avant 1489 il est chanoine de Saint-Martin de Tours et le 4 novembre 1493 abbé de Saint-Guilhem-le-Désert ; en 1495 il succède à son oncle Robert dans la charge de président des Comptes. Son père, le cardinal, lui obtient vite d'autres bénéfices. Ainsi en 1496 il devient grand aumônier de l'épouse de Char-les VIII, la duchesse Anne de Bretagne. Il obtient une prébende au chapitre cathédral de Reims puis est nommé vicaire général de son père, archevêque de Reims, en 1497. Le 8 avril 1503 il obtient un cano-nicat à Paris. En novembre 1507 il devient abbé de Saint-Germain-des-Près par résignation de son père et il conserve ce bénéfice jusqu'à sa mort en 1534. C'est aussi à son père qu'il succède comme archevêque de Narbonne le 21 février 1515. Pourtant, deux jours plus tard, il résigne cet archevêché en faveur de Jules de Médicis (le futur pape Clément VII). Et l'évêque de Meaux, Louis Pincllc, ayant résigné, une bulle du pape le nomme évêque de Meaux le 31 décembre 1515. Il n'en continua pas moins de percevoir les revenus de l'évêché de Lodève jusqu'au 23 septembre 1519, date à laquelle il résigne cet évêché en faveur de son frère Denis Briçonnet. Il est aussi chargé de missions diplomatiques délicates. Le 25 mars 1507, le roi Louis XII, désireux de se disculper de l'accusation de fomenter contre Jules II une conspiration, l'envoie en ambassade à Rome. En 1516, il est devenu l'ambassadeur extraordinaire de François Ier auprès de Léon X pour la signature du Concordat de Bologne et il ne rentre en France qu'en avril 1517; il n'est pas présent au concile du Latran. Il a cependant assisté au concile national de Tours en 1510 et au concile schismatique gallican à Pise en 1511 réuni contre Jules II aux côtés de son père. Il y prend même une part active en étant chargé d'examiner les questions relatives à la foi et à la réforme de l'Eglise. On sait par ailleurs que ce concile décréta la condamnation du pape par contumace, comme auteur d'un schisme. Gallican, l'évoque Briçonnet n'entend pas pour autant distendre les liens qui l'unissent au pontife romain. En 1516, lors de son ambassade, il fait devant le Sacré Collège une déclara-lion sur le fidélité de la France envers le Saint-Siège qui est bien accueillie, traduite et imprimée sous le titre de Harangue de Monseigneur de Lodève prononcée devant notre Saint-Père le pape. Le roi utilise ses talents de légiste. Président de la Cour des Comptes le 3 août 1495, il y est reçu le 28 mars 1496 et transmet cette charge à son frère aîné Jean Briçonnet en novembre 1507. Guillaume Briçonnet reste avant tout préoccupé par la réforme de l'Eglise ; cette préoccupation guide toute sa vie et son ministère. Il s'y emploie d'abord comme abbé de Saint-Germain-des~Près. Lorsqu'il en prend possession, grandes sont les résistances à l'esprit de réformes voulu par certains moines, fidèles à la tradition clunisienne. Dès 1507-1508, l'abbé Guillaume Briçonnet tente, en vain, de briser les résistances ; son élection est fortement contestée. Grâce à l'aide de Lefèvre d'Etaples venu séjourner à l'abbaye pour y rédiger son Ouincuplex Psalterium (1508). il peut enfin, entre 1513 et 1515, réformer l'abbaye dont Léon X approuve les principes. Mais il échoua sur le principe de l'élection d'un abbé régulier pour lui succéder. Le Concordat de Bologne réservait en effet ces nominations au roi. Le même esprit de réformes inspire son épiscopat à Meaux. En 1519 et en 1520 il réunit deux synodes diocésains qui complètent les visites pastorales qu'il effectue. Il tente d'imposer la résidence aux curés, trop souvent tentés de séjourner à Paris. Il rappelle le devoir de la prédication et la lecture de l'Evangile. Et à l'imitation de son action à Saint-Germain-des-Prés, il entreprend la réforme des monastères de son diocèse. Surtout, Guillaume Briçonnet est au cœur du vaste débat qui porte certains vers la Réforme. Directeur spirituel de Marguerite d'Angoulêmc, sœur de François Ier, il entretient avec elle une correspondance spirituelle de juin 1521 à novembre 1524. On ne compte pas moins de cinquante-neuf lettres de Marguerite d'Angoulêmc et soixante-quatre de Briçonnet à celle qui apparaît comme protectrice des réformés. Humaniste et tolérant, ami des lettres et des sciences, l'évêque Briçonnet partage avant tout l'idéal de la Renaissance. Une telle affinité n'est pas étrangère à le faire suspecter d'une trop forte indulgence envers les réformateurs. Des liens d'amitié avec Lefèvre d'Etaples, venu à Meaux en 1521, entièrement préoccupé de la réforme de l'Eglise, le portent à s'entourer de ses conseils. Autour de Lefèvre d'Etaples, de Gérard Roussel. François Vatable, Michel d'Arande et Guillaume Farel se constitue le premier groupe de Meaux en 1521-1523 appelé par l'évêque Briçonnet à des fonctions de prédications dans le diocèse. Mais la diffusion des idées de Luther en France vers 1521, la condamnation de la doctrine par Léon X le 15 juin 1520 et les risques d'une contagion conduisent l'évêque de Meaux, en avril 1523, à révoquer les pouvoirs de ces prédicateurs. Par décret synodal du 1 5 octobre 1523, il interdit l'achat, le prêt, la lecture et la possession des livres de Luther et de ses adeptes. Le 13 décembre il défend aux curés du diocèse sous peine d'excommunication de laisser prêcher les luthériens. Même différent dans sa composition, le second groupe de Meaux (1523) est suspecté d'hérésie. Nommé vicaire général le 1er mai 1523, Lefèvre d'Etaples est dénoncé par la faculté de théologie. A son tour, l'évêque Briçonnet est inquiété. C'est le résultat d'un long conflit avec les Cordelicrs à qui il avait interdit de prêcher. Assigné par eux devant le Parlement de Paris le 1erjuin 1525 qui l'accusent d'hérésie, il est innocenté par l'arrêt du 16 novembre i 526. La fin de son épiscopat à Meaux est marquée par l'institution d'une procession solennelle du Saint-Sacrement, d'une fête de la Visitation de Notre-Dame, autant de preuves de son attachement à l'Eglise et de sa haine de l'hérésie protestante. Il nomme des prédicateurs chargés de s'occuper des protestants et met en place des mesures en faveur des pauvres ; toujours attaché à la réforme de l'Eglise et des abus, il censure certains spectacles. Le 27 mai 1530 il nomme vicaire général son frère Denis, évêque de Saint-Malo pour gouverner le spirituel et le temporel de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés et de son diocèse. Le 7 juin 1531, il s'adjoint un autre vicaire général en la personne d'un de ses cousins, Jean Briçonnet, vice-chancelier pour le roi au duché de Bretagne. Puis il se retire au château d'Esmans près de Montcreau, une dépendance de l'abbaye parisienne. Il y meurt le 24 janvier 1534. C'est aux côtés de son prédécesseur, Louis Pinelle, son ancien maître au Collège de Navarre, dans la cathédrale de Meaux qu'il entendait être inhumé. En raison du lieu de son décès, sa volonté ne fut pas exécutée et il fut inhumé devant le maître autel de l'église paroissiale d'Esmans. Outre la Harangue indiquée plus haut, on lui doit une traduction de Raymond Jordan, abbé de Celles : Contempla-tiones idiotae (Paris, 1525). (cf Michel VESSIERE : L'évêque Guillaume Briçonnet 1470-1534, Provins, 1986. Michel VESSIERE: Guillaume Briçonnet, abbé rénovateur de Saint-Germain-des-Près 1507-1534, dans Revue d'Histoire de l'Eglise de France, 1974.)
3. Nicolas +1506 x Nicole BOUCHET. Nicolas (vers 1472-1506) Parfois prénommé Nicole, ce troisième fils de Guillaume II, devenu le cardinal Briçonnet et de Raoulette de Beaune est né vers i 472. Successivement notaire et secrétaire du roi, argentier et maître de la Chambre aux deniers du dauphin Charlcs-Orland (fils du roi Charles VIII) d'octobre 1492 à décembre 1493, il est ensuite nommé contrôleur général de Bretagne le 8 mars i 496. ïl épouse Charlotte de Poncher, d'une famille de marchands et d'argentiers du roi. Cet humaniste qui laisse à sa mort une très riche bibliothèque appartient à la génération des héritiers cultivés remplaçant celle des parvenus. Il meurt à Paris en 1506. Selon certains généalogistes, le nom de son épouse est Nicole Boucher.
4. Denis (1473-1535) Denis Briçonnet est le cinquième fils de Guillaume II, devenu cardinal et frère de Guillaume Briçonnet plus tard évêque de Meaux. Comme lui, il est destiné dès son plus jeune âge à la carrière ecclésiastique. Il doit à la faveur de son père l'obtention de nombreux bénéfices. Successivement chanoine de Saint-Malo, archidiacre de Reims et d'Avignon puis doyen de Tarascon, prieur de Cossay, abbé de Saint-Martin d'Epernay, de Cormery et de Turpenay en Touraine, il accède ensuite à l'épiscopat et devient évêque de Toulon, de Lodève et de Saint-Malo. Moréri en fait un grand protecteur des savants et des hommes de lettres. On vante aussi sa bienfaisance envers les pauvres, rappelant qu'il en recevait treize chaque jour à sa table et qu'il les servait lui-même. En 1518, il publie une Instruction des cures pour instruire le simple peuple à l'usage de l'évêché de Saint-Malo. Le roi de France François Ier l'envoie à Rome pour suivre et obtenir la canonisation de François de Paulc, l'ermite du Plessis-lès-Tours sous Louis XI et Charles VIII. Il demeure trois années auprès du pape et obtient de Léon X la canonisation de l'ermite le 1er juin 1519. En 1516, son frère Guillaume résigne en sa faveur son évêché de Lodève ; il y renonce à son tour en 1520 pour se retirer à l'abbaye de Cormery. Il y meurt le 18 décembre 1535 et est inhumé dans le chœur.
5. Catherine +3 novembre 1526 x Thomas BOHIER. D'abord établi à Tours comme chambellan de Louis XI puis de Charles VIII, puis général des finances, trésorier généra! de la guerre en Italie et seigneur de Chenonceau. Devenu général des finances de Normandie, Thomas Bohier achète les créances de la famille des Marques, propriétaire du donjon médiéval de Chenonceau. Aux termes d'un procès qui ne dura pas moins de dix années, il parvient à exproprier Catherine Marques et se fait adjuger la seigneurie de Chenonceaux pour 15 641 livres. Appelé en Italie, Thomas Bohier ne peut suivre les travaux de construction du nouveau château de Chenonceau. Il meurt en Italie en mars 1524. C'est donc sa veuve, née Catherine Briçonnet, qui est chargée de l'édification du nouveau château entre 1515 et 1522, sur la rive du Cher. On relève, en effet, un marché conclu le 29 janvier 1522 entre Thomas Bohier, seigneur de Chenonceau, Catherine Briçonnet son épouse et le maçon Jehan Marnay pour l'exécution de divers travaux dans les combles et pour le carrelage des chambres du château. Les Bohier ont aussi, dès 1513, transformé le donjon des Marques en y intégrant un décor à pilastres ornés, frises sculptées, clochetons et pinacles. Les vantaux sculptés de la façade nord de la porte portent les initiales T.B.K. de Thomas Bohier et de Katherine Briçonnet. Les clefs de la chapelle du château portent en outre les armes des Bohier et des Briçonnet. La devise des Bohier « s'il vient à point me souviendra » revêt toute sa signification lorsque, son œuvre achevée, Catherine Briçonnet décède le 3 novembre 1526.



BEAUNE (de) (Tours)

Biographies mise en généalogie. il peut y avoir des fautes de retranscriptions.
source: Laurencin, dico bio Touraine.
Biblio: Bernard CHEVALIER: Tours, ville royale 1356-1520, Paris-Louvain, 1975

Cette famille qui occupe une des premières places de la société tourangelle de Louis XI à François Ier, aux côtés des Briçonnet, des Ruzé et des Bohier avec qui elle noue des liens matrimoniaux et d'intérêts, a suivi une ascension désormais classique. Tournée au départ vers le négoce des draps et des produits de luxe, fournissant la cour et l'entourage du roi, elle se lance vers le prêt à intérêt et les créances en faveur des grands pour assister enfin le roi en ses conseils et influer sur la politique et les querelles dynastiques. Parmi ses membres, certains doivent leur position à l'octroi de bénéfices ecclésiastiques ; c'est notamment le cas pour les cadets. Il reste que les origines de la famille sont encore en partie obscures. Nous trouvons des Beaune à Dijon, en janvier 1379. dans une minute de procès. Un autre, Pierre de Beaune. est secrétaire de Charles V et de Charles VI. Jean de Beaune est garde du scel de la prévôté de Saint-Pierre-le-Moutier. Une généalogie composée en 1617 semble indiquer que cette famille tient son nom de la ville de Beaune en Bourgogne, substitué à celui de Fournier. Reprenant cette thèse, Chalmel en 1828 croit pouvoir affirmer que le berceau familial se situe à Moulinot à quatre lieues de Beaune. Un Jean de Beaune, grand-père de Jean de Beaune (mort en 1480) aurait le premier noué des contacts avec la Touraine par le truchement d'activités commerciales, formant ainsi la souche tourangelle de cette famille. Son fils, également prénommé Jean, épouse N. Travers. Il est père de Jean de Beaune, argentier et maître de la Chambre aux deniers du dauphin Charles (futur Charles VIII) et élu maire de Tours en octobre 1471.

I. Simonet de BEAUNE, hôtelier lui aussi, mort après 1447 dont on sait qu'il logea les danseurs s'étant produits à l'occasion des noces du dauphin d'où
II. Jean de BEAUNE Beaune. deuxième du nom, paraît dans les actes en 1454 comme fournisseur de la Maison d'Angoulêmc. Marchand en draps, il est installé à Tours au Carroi des Herbes sur la paroisse de Saint-Saturnin, à la croisée de la rue Traversaine et de la Grande Rue. Vers 1465, il est déjà un des plus riches négociants du royaume ; la même année, il est porté dans les textes comme fournisseur de draps de laine pour l'habillement de la garde royale. Il fonde avec Jean Briçonnet et Jean Quetier une compagnie qui s'identifie à la boutique de l'argenterie royale et fournit dès 1469 au roi Louis XI installé au Plessis-lès-Tours 92 % des draps de laine et 70 % des soieries. Avec les Briçonnet, les Beaune, les Ruzé il illustre la réussite sociale. Il participe à l'effort de reconstruction économique du royaume conduit par le roi. On le voit nouer des relations commerciales avec la Bretagne et les Flandres. Quand le roi encourage la reprise des relations économiques avec les échelles du Levant et que les galéasses quittent Aigues-Mortes pour Rhodes, Jaffa, Alexandrie et Beyrouth, Jean de Beaune figure parmi les marchands préposés au trafic des produits orientaux. Lors de l'établissement de l'industrie de la soie à Tours, il pourvoit dès 1470 au ravitaillement en soies crues. Avec son gendre Guillaume Briçonnet, époux de sa fille Raoulette, il offre une avance de 30 000 livres au roi afin de recouvrer Perpignan sur le roi d'Aragon en 1473. Correspondant auprès de la cour de la banque Pazzi, il laisse une succession (partagée en 1486-1487) de 22 136 livres tournois dont 13 310 livres en immeubles et 8 826 livres en avances d'hoirie. Le 19 novembre 1470 il devient argentier et maître de la Chambre aux deniers du dauphin Charles tout en continuant d'être le fournisseur de la cour en fourrures et tissus précieux. Exilé à Montpellier pour avoir irrité le roi en offrant une mule au duc de Bretagne, il doit démissionner de sa charge d'argentier en mars 1478. Profitant de la paix du 16 février 1471 avec le roi d'Angleterre. Jean de Beaune et son associé Jean Briçonnet tentent de faire connaître aux marchands de Londres leurs produits de luxe. Ils doivent brusquement quitter l'Angleterre à la suite d'une émeute des drapiers anglais au printemps de 1471. Mais Louis XI les indemnise largement. Jean de Beaune devient maire de Tours le 18 octobre 1471. Avec sa femme et Jean Briçonnet le Jeune, il est membre depuis 1474 de la confrérie Saint-Gatien. Il meurt après le 3 mai 1480, date à laquelle i! paraît pour la dernière fois au dîner annuel de cette confrérie. Il est inhumé dans sa chapelle de l'église Saint-Saturnin à Tours. Il avait épousé Jeanne Amyl (Jeanne Binet), fille d'un hôtelier de Tours. Jean de Beaune est le fils de Simonet de Beaune, hôtelier lui aussi, mort après 1447 dont on sait qu'il logea les danseurs s'étant produits à l'occasion des noces du dauphin. Selon certains généalogistes, Jean de Beaune aurait eu dix enfants ; selon d'autres, neuf seulement. Les gendres sont drapiers et marchands. Marie de Beaune épouse Jean Quetier ; Raoulette s'unit à Guillaume Briçonnet, devenu plus tard cardinal ; Catherine de Beaune se marie à Jean Briçonnet le Jeune : Colette épouse Jean Bernard ; Guillonne s'unit à Charles Becdelièvre ; Jeanne épouse Pierre Morin, trésorier de France ; Françoise a pour époux Nicolas Leclerc et Louise épouse Pierre (ou Jean) Ménard. Le fils aîné, Guillaume de Beaune, épouse Catherine Ruzé ; quant à Jacques de Beaune, futur baron de Semblançay, il s'unit à Jeanne Ruzé. D'où
1. Guillaume (?-vers 1503) x Catherine RUZé. Fils aîné de Jean de Beaune, argentier et maître de la Chambre aux deniers du dauphin Charles (futur Charles VIII) et de Jeanne Amyl et frère de Jacques de Beaune-Sernblançay (exécuté en 1527), Guillaume de Beaune épouse Catherine Ruzé. d'une famille de marchands et financiers. Il est d'abord mêlé aux affaires de son père. Quand ce dernier est un temps relégué à Montpellier sous Louis XI pour avoir commercé avec les Bretons qui favorisent les Flamands contre les objectifs de la politique royale, il doit jurer sur la croix de Saint-Laud d'Angers de cesser toute relation avec Pierre Landois, trésorier du duc de Bretagne, François II (mai-décembre 1481). Lors de la succession paternelle, ii recueille la plus belle part qui se monte à 4 800 livres avec les biens-fonds en Vendômois. Il entre à la Chambre des Monnaies de Paris le 29 octobre 1488 et résigne ces fonctions en juillet 1491. A Tours, le 19 février i489. il est chargé de faire battre et forger des deniers noirs. Il est aussi chargé de missions en Provence, Poitou. Saintonge et Guyenne pour faire publier les ordonnances relatives au poids de l'or et des monnaies. En 1501, il est élu inaire de Tours, Membre de la compagnie marchande fondée avec Jean Briçonnet. Jean de Beaune son père et Jean Quetier, il a pour fils Guillaume, receveur de Poitou puis de Touraine et René de Beaune. Ce dernier entre à la Chambre des Aides le 28 novembre 1507. au Parlement de Paris le 2 septembre 1508 et devient lieutenant civil au Chàtelet de Paris le 4 avril 1512. d'où
a. Guillaume. Ce Guillaume de Beaune est souvent confondu avec son homonyme et cousin. C'est le fils aîné de Guillaume de Beaune, devenu maire de Tours en 1501 et de Catherine Ruzé. Il épouse Catherine Brocet, fille du receveur de la sénéchaussée de Guyenne. Il est receveur des aides et des tailles en Poitou, de 1509 à 1520 et en Touraine de 1511 à 1516. Financier de François Ier, il règle les obsèques de la princesse Louise de France en septembre 1517. Lors du procès qui suit la confiscation des biens de son oncle, Jacques de Beaune-Semblançay et qui conduit le Parlement à rechercher les financiers de 1527 à 1536, il est victime de la mise sous séquestre de ses propriétés de la Charmoye, Peray, Sarquainville. la Turaille et Septueille en Normandie.
2. Jacques baron de Semblançais qui suit III
3. Catherine x Jean BRIçONNET le Jeune
4. Colette x Jean BERNARD
5. Guillonne x Charles BECDELIèVRE
6. Jeanne x Pierre MORIN trésorier de France
7. Françoise x Nicolas LECLERC
8. Louise x Pierre ou Jean MéNARD
III. Jacques BEAUNE Jacques (de) (1445-1527). Jacques de Beaune est le fils cadet et le troisième enfant de Jean de Beaune, argentier des rois Louis XI et Charles VIII, maire de Tours en 1471-1472 et de Jeanne Binet (ou Jeanne Amyl). Il s'allie, en la personne de Jeanne Ruzé, à une famille de financiers de Touraine, ce qui lui permet de recueillir par héritage les fiefs de la Tour d'Argy et de Montrichard. Il fournit les Maisons d'Orléans, d'Angoulême et de La Trémoille et est associé à François Briçonnet pour la vente des draps et des linges à l'argenterie de Charles VIII d'octobre 1490 à janvier 1492. Dès cette date, il pratique le prêt à intérêts en faveur de membres de la riche bourgeoisie. Marchand en soiries en 1482, Jacques de Beaune succède à son père comme chef de la boutique de l'argenterie du roi en 1487. Mais son ascension politique, une des plus brillantes et des plus rapides pour l'époque, s'explique par son service à la cause des Grands du royaume. Lorsque Charles VIII, en conflit avec la Bretagne, cherche à asseoir son autorité sur les grandes cités bretonnes, ii obtient de Jacques de Beaune, marchand banquier à Tours, qu'if règle les dettes d'Alain d'Albert et une avance sur pension moyennant la reddition de Nantes aux troupes royales dirigées par La Trémoille. Après le mariage au château de Langeais, à la Saint-Nicolas, le 6 décembre 1491, de Charles VIII et de la duchesse Anne de Bretagne, Jacques de Beaune devient quelques jours plus tard trésorier générai de la duchesse-reine. Elle l'honore de toute sa confiance et ii l'accompagne dans tous scs déplacements. Pour faire face aux dépenses somptuaires et aux nombreuses gratifications d'Anne de Bretagne, Jacques de Beaune lui consent des avances importantes sur sa fortune personnelle. En décembre 1495, Jacques de Beaune quitte la trésorerie de la reine Anne pour les finances du royaume. Il succède ainsi comme général des finances de Languedoc à Pierre Briçonnet, un de ses compatriotes et son parent, lequel reçoit la même charge en Languedoïl. Beaune signe en cette qualité pour la première fois ie 1 8 décembree 1495. Son fils aîné, Jacques de Beaune, ie remplace alors auprès d'Anne de Bretagne pour devenir plus tard évêque de Vannes. Jacques de Beaune devient ainsi un des personnages les plus influents du royaume sous Charles VIII. Sur le pian financier, la France est alors divisée en quatre généralités : Languedoïl-Guyennc, Normandie, Outre-Seine-Yonne et Picardie, Languedoc. Le rôle des quatre généraux des finances et des quatre trésoriers de France était d'évaluer le montant des aides, de la gabelle et de fixer celui de la taille. A ce titre, Jacques de Beaune est appelé à de fréquents séjours auprès des Etats provinciaux de sa circonscription. Le 31 janvier 1496 il représente ie roi aux Etats qui se tiennent à Montpellier. Son administration, selon les historiens, est à la fois inspirée par la fermeté et la souplesse. Le 31 mars 1498, ii se trouve à Amboise lors de la mort accidentelle de Charles VIII Le nouveau roi. Louis XII, ie confirme aussitôt dans sa charge de receveur général du Languedoc le 29 juin 1498. Il y adjoint la même année le Dauphiné et la Provence. Bénéficiant de la confiance du nouveau roi, il devient membre du Conseil des Finances ; au début de 1509. Jacques de Beaune est promu général des finances de Languedoïl et succède à Pierre Briçonnet, en même temps qu'il csi créé chevalier. En dépit de ses charges qui le conduisent à travers ie pays, ii revient régulièrement en Touraine. Il devient maire de Tours pour un an à compter du 28 octobre 1498 et succède à un autre financier, Thomas Bohier. Disposant par ses charges et les sommes considérables qu'il manie d'un pouvoir prépondérant, ii sait très habilement se tisser un réseau d'influences, de protections et d'amitiés, Marguerite d'Angoulème est au nombre de ses fidèles soutiens. Après la mort de la reine Anne, qu'il avait pourtant fidèlement servie, Jacques de Beaune s'attache à sa rivale, Mme d'Angoulême, Louise de Savoie, mère de François Ier et régente du royaume. ïl se fait apprécier d'elle vers 1505-1506. Elle lui confie l'administration de son douaire, de ses domaines et de sa fortune. A la fin du règne de Louis XII, il traite un marché avec les Génois pour la fourniture d'armes, Louise de Savoie lui donne une somme de 30 000 livres pour acquérir de Mme de Vendôme la seigneurie du Clos-lès-Àmboise, le fief des Fonts-de-Tours et surtout la baronnie de Semblançay. Sa position se renforce encore avec l'avènement du roi François Ier. Il soutient le roi dans son aventure italienne et sa reconnaissance des droits sur le Milanais. Beaune obtient alors des banquiers italiens de Lyon un prêt de 300 000 livres. 11 devient argentier de la régente et gère non seulement son douaire, mais aussi son duché et ses comtés. Afin de combler le coût de la bataille de Marignan en 1515, du traité avec les cantons suisses (environ un million de livres) et le prix de la neutralité de Maximilien d'Autriche dans l'affaire milanaise, Jacques de Beaune est charge de trouver les moyens appropriés eî de souscrire divers emprunts. En septembre 1516, il cède sa charge de général de Languedoïl à son fils cadet Guillaume de Beaune. En échange, le roi lui confie ses finances personnelles ; il est devenu de fait surintendant des finances du royaume et préside la Commission des Finances de son Conseil privé, Jacques de Beaune est arrivé au faîte de sa puissance. Dès le 9 décembre 1515, il porte le nom de Semblançay eî le 3 novembre 1519 le roi le nomme gouverneur et bailli de Touraine. Une lettre patente royale de janvier 1518 définit ses pouvoirs en même temps qu'elle traduit la confiance de François Ier : « ... et pour ce qu'à l'avenir on pourroit demander en vertu de quoi il a vaqué, vaque, entend et s'entremet esdites affaires de nos finances... Savoir faisons que... notredit conseiller et chambellan, ledit sieur de Saint-Biançay, comme dit est avoir la connaissance et intendance de nosdites finances ordinaires et extraordinaires afin que d'icclles il nous avertisse... pour ces causes et pour la confiance qu'avons de sa personne et de ses sens... avons commis et ordonnons par ces présentes et lui donnons pleins pouvoirs et autorité de vaquer et besogner au fait de nosdites finances... et avoir l'œil sur le fait d'icelles». Certes, il ne possède pas officiellement le titre de surintendant (même si on en use à son égard dans des correspondances privées) ; mais il a de fait la haute main sur les finances du royaume, d'autant que, comme le reconnaît le roi. « les trésoriers de France et généraulx de nos finances ne sont et ne peuvent estre ordinairement devers nous, pour les chevauchées et visitations de leurs charges ». Jacques de Beaune-Semblançay garde directement dans ses attributions « l'estat général de nos finances, ensemble les estats particuliers ». L'homme ne manque certes pas d'ambition et il s'efforce de conserver l'estime eî la confiance du roi et de sa mère en se rendant indispensable. Pour les travaux d'embellissement du château d'Amboise, il prête à la régente une somme de 230 000 livres. 11 organise et finance les fêtes organisées pour le baptême du premier fils du roi. Louise de Savoie lui donne l'Hôtel Dunois à Tours, à l'angle de la rue Neuve et de la Grande Rue. On le surnomme «le roi de Tours» et François 1er l'appelle « Père ». Mais un pareil ascendant suscite des haines farouches et des jalousies tenaces. Antoine Duprat, Chancelier de France et juriste est au nombre de ses ennemis. Jacques de Beaune-Semblançay accompagne François Ier à l'entrevue du Camp du Drap d'Or le 7 juin 1520 avec Henri VIII d'Angleterre. I! gère et brasse ainsi des sommes considérables, élabore des systèmes parfois complexes de prêts, de créances et d'avances par anticipation d'autant que les exigences des guerres en Italie imposent des engagements croissants. Il lui revient parfois de modérer les dépenses royales ou celles de Louise de Savoie. En 1521, il refuse de verser la somme de 300 000 ccus d'or pour la solde des troupes du maréchal de Lautrec, gouverneur du Milanais depuis la victoire de Marignan et préfère réserver ces fonds pour le douaire de la r:ine-mère. Dans une lettre du 11 mai 1521, Louise de Savoie le presse de payer : « combien que je sache par expérience, lui écrit-t-elle. l'affection que vous y avez,., ne me puis-je tenir de vous advertir du regard que l'on doit avoir à la personne du roi qui souffre. Sans vous je suis seure que tout tirera et aura à souffrir. Faictes comme celuy en qui est ma dernière espérance ». Semblançay alors se soumet ; avec l'aide de ses amis, i! prête 200 000 livres. En juin les dépenses engagées sont déjà évaluées à 500 000 livres et il lui faut encore trouver 660 000 livres dans un délai de trois mois. En juillet 1521, il faut anticiper sur le montant de la taille pour 1522. De plus, le paiement de l'armée du Nord oblige à fondre la vaisselle, les vases d'or et d'argent des églises et des abbayes comme la grille d'argent du tombeau de saint Martin à Tours que l'on remplace par une grille en fer. Au combat de La Bicoque, le 29 avril 1522, ie maréchal de Lautrec est battu par les Espagnols de Colonna et les Français perdent le Milanais. C'est le début d'embarras pour Jacques de Beaune-Semblançay et ses relations avec Louise de Savoie se distendent tandis qu'elles s'assombrissent avec le roi. Celui-ci veut organiser une expédition maritime contre l'alliance entre Henri VIII et Charles-Quint, en utilisant le duc d'Albany. Beaune-Semblançay se déclare réticent. Alors François Ier menace: « M . de Semblançay... je vous avise, si mon affaire et celle dudit sieur d'Albany est aucunement empeschée et retardée par cela, que je m'en prendray à votre personne, de sorte que je donneray à connoître à mes serviteurs que je ne veux plus être trompé ; et pour ce, faites qu'il n'y ait point de faute et qu'il y soit satisfait ». En fin de compte, après cet ordre du 2 août 1522, Jacques de Beaune-Semblançay accepte et se soumet. L'affaire laisse pourtant des traces, d'autant que le riche financier tourangeau a mis en causera reine Louise de Savoie... Dans l'entourage du roi, on se méfie de plus en plus du pouvoir exorbitant des financiers. On institue en février 1523 une commission destinée à hâter la reddition des comptes des receveurs généraux ; en mars, à la tête du Trésor de l'Epargne est placé Philibert Babou de la Bourdaisière, un des ennemis de Beaune-Semblançay. Ce dernier se retire quelques temps en Touraine au cours de l'année 1523, sur sa terre de La Carte à Ballan. Il persiste à réclamer l'avance des 300 000 écus d'or que lui doit le trésor royal. Le 13 octobre 1523, il est déchargé des finances du royaume. Le 9 mai 1524, le roi lui ordonne de déposer ses papiers et ses registres à Montils-iès-Blois et l'ordre ajoute « autrement il sera mis à la Conciergerie de Paris ». Il comparaît devant une commission chargée d'examiner ses comptes. L'instruction dure dix mois. Le 11 août 1524. une première sentence conclut à des irrégularités ; on lui reproche l'imprécision de ses écritures et la confusion des deniers du royaume avec ceux de Louise de Savoie. II triomphe un moment quand, par un jugement rendu le 27 janvier 1525, l'authenticité des pièces produites est reconnue. Jacques de Beaune-Semblançay est cependant déclaré débiteur de Louise de Savoie pour une somme de 600 000 livres et il est reconnu créancier du roi pour une somme supérieure. Cette relative victoire relance pourtant l'affaire, le roi et Louise de Savoie étant déterminés à achever sa perte. Jacques de Beaune est aux prises avec les créanciers du roi, notamment les Florentins de Lyon. Pour l'aider, son fils, l'archevêque de Tours, lui abandonne les revenus de son diocèse. Semblançay est embastillé le 13 janvier 1527. Au nom du roi et de Louise de Savoie, le Chancelier Duprat choisit les magistrats de la Commission, le tribunal d'exception devant lequel il est traîné. Le nouveau procès commence le 22 janvier 1527 tandis que ses biens ont été confisqués dès son incarcération. Son neveu Jean Prévost et un banquier italien sont arrêtés. Il s'agit bien d'un procès criminel. On reproche à Beaune-Semblançay d'avoir réalisé des profits irréguliers sur les fonds prêtés au roi ; i! est accusé de «larcins, abus, malversations et maladministration des finances du roy ». L'acte mentionne qu'il s'est approprié 13 000 écus venus de Wolsey, cardinal d'York, pour le roi ; qu'il a négligé de reverser au trésor le montant de la vente des offices ; qu'il a majoré indûment le montant des marchés d'armes etc. Dans une lettre adressée au roi, il proteste de son innocence. Mais par jugement rendu le 9 août 1527, il est « condamné à estre pendu et estranglé à Mont-faucon et tous ses biens, meubles et héritages confisqués, sur lesquels biens et confiscations sera prise la somme de cent mille livres parisis... ». En vain la grâce royale est-elle attendue. Le I 1 août 1527, après avoir attendu six heures à Montfaucon, Jacques de Beaune-Semblançay est pendu. Son cadavre est exposé au gibet pendant quatre ou cinq jours. Son corps, selon Legendre, son serviteur, est traîné à travers les vignes et démembré par les bêtes auprès du village de Pantin. Ses restes furent déposés à Sainte-Catherine du Val des Ecoliers. Louise de Savoie s'approprie ses meubles. Son épouse Jeanne Ruzé, âgée de 72 ans, se retire au couvent d'Yères et fait appel du jugement contre la confiscation des biens de son époux. Son fils Guillaume renonce d'ailleurs à la succession. En juillet 1 528, il juge prudent de fuir à Cologne et à Francfort. Jeanne Ruzé est emprisonnée. Une nouvelle sentence rendue par la Tour Carrée le 11février 1529 valide le jugement du 9 août 1527. Jeanne Ruzé est privée de ses biens, meubles et immeubles. Guillaume de Beaune, reconnu coupable de lèse-majesté est condamné à être pendu et étranglé ; il perd son office et la confiscation de ses biens est prononcée. En avril 1529, il est pardonné et rentre en jouissance de la baronnie de Semblançay. Le 11 février 1530 la Tour Carrée rend son arrêt au sujet de la liquidation des biens de son père, placés sous séquestre depuis plus de deux ans. Le jugement est cependant contesté. Une nouvelle procédure est engagée ; elle ne s'achève qu'en 1536. Jacques de Beaune-Semblançay avait acquis en 1516 de Charles d'Alençon la baronnie de Semblançay. Le 31 août 1497 il avait acheté à Antoinette de La Trémoille, épouse de Charles de Husson, le château de La Carte, un fief relevant de Montbazon. Il fit rebâtir l'édifice. En 1527, le bien est confisqué sur Guillaume de Beaune et vendu à Charles du Solier de Morette. Il est revendu aux de Beaune par la suite. Mais le nom de cette famille reste attaché aux constructions somptuaires de la ville de Tours. Jacques de Beaune fait exécuter de 1507 à 1510 les travaux d'acheminement et de canalisation d'eaux de Saint-Avertin à Tours par un système de six bouches. En 1509 sont posés les tuyaux dans la varenne sous le lit du Cher jusqu'à la porte Saint-Etienne où se trouve le réservoir principal. Dans les années qui suivent on édifie les branchements pour alimenter les fontaines de Beaune, de la Foire-le-Roi et de Saint-Hilaire. La plus étonnante réalisation reste assurément la fontaine dite de Beaune, élevée en 1511 par les neveux de Michel Colombe, Martin et Bastien-François. Jacques de Beaune offre sur ses deniers quatre blocs de marbre blanc venu de Gênes pour composer la pyramide ; la vasque est réalisée dans un basalte sombre de Volvic. La pyramide qui domine l'ensemble a une hauteur de 4 mètres 20 ; elle comporte les armoiries de Louis XI et d'Anne de Bretagne au milieu des sculptures et des arabesques et à la base le blason des Beaune. Au sommet, la construction est couronnée par une terrasse ornée de fleurs avec un crucifix entre la Vierge et sainte Madeleine. Le nom de Jacques de Beaune demeure encore attaché aux constructions et embellissements de l'hôtel Dunois, élevé au XVe siècle, propriété de Jean de Dunois, passé en 1517 à Louise de Savoie qui en fait cadeau à Jacques de Beaune le 14 février 1517. Il en fait abattre une partie, achète les propriétés voisines et procède à la construction d'un nouveau pavillon et d'une chapelle. Les travaux durent de 1518 à 1524 et un corps de logis à lucarnes et galerie ouverte avec motifs à l'antique (médaillons, cordelières) sort de terre. Après le procès de 1527, le bien est adjugé puis retourne à sa veuve. Une partie est distraite en 1543 en faveur de Laurent Le Blanc, seigneur de La Vallière. L'ensemble est enfin vendu en 1634 pour 24 000 livres aux Jésuites de Tours par Louis de la Trémoille, baron de Châteauneuf et de Semblançay, vicomte de Tours, seigneur de La Carte jusqu'à ce que les Jésuites en soient dépossédés en 1763. On prête à Jacques de Beaune, avant sa mort, cette réflexion des plus philosophiques : « J'ai bien mérité la mort pour avoir plus servi les hommes que Dieu ». Clément Marot rédigea une épigramme en son honneur qui est restée célèbre : « Lorsque Maillart, juge d'enfer, menoit à Montfaucon Semblançay l'âme rendre, à vostre advis lequel des deux tenoit meilleur maintien ? Pour vous le faire entendre, Maillart sembloit l'homme que mort va prendre ; et Semblançay fust si ferme vieillart que l'on eroyoit, pour vray, qu'il menoit prendre à Montfaucon le lieutenant Maillart ». De son mariage avec Jeanne Ruzé, le baron Jacques de Beaune-Semblançay eut cinq enfants. Jacques de Beaune, baron de Semblançay, illustre au mieux l'ascension sociale de quelques familles tourangelles à l'époque où Tours devient ville royale. En 1521, sa créance sur le trésor est de 1 574 342 livres soit environ le montant annuel de la taille. (Alfred SPONT : Semblançay (J-1527), La bourgeoisie financière au début du XVIesiècle. Paris, 1895 - Jean HALLIER : Jacques de Beaune, baron de Semblançay au service des finances royales, in B.S.A.T., tome XLII, 1989.) d'où
1. Jacques fut trésorier de la reine Anne en novembre 1495 par résignation de son père ; il abandonne cette charge en 1501 pour entrer dans les ordres. Il devient protonotaire apostolique mais ne parvient pas à obtenir un eanonicat à Saint-Gatien de Tours. Il est cependant pourvu de ce bénéfice à Saint-Martin le 25 mai 1502, échange avec son oncle, le cardinal Briçonnet, la prévôté de Varennes contre la chapellenie de Notre-Dame-de-Pitié. Finalement et sur l'intervention de l'archevêque de Tours, le 9 août 1503, il entre au chapitre Saint-Gatien comme diacre. Après bien des difficultés, il accède à l'épiscopat. Protégé de la reine, il prête serment comme évoque de Vannes le 30 novembre 1504. Il administre en outre le diocèse de Tours comme vicaire général de Charles del Carreto le 25 juillet 1509. Il meurt en 1510.
2. Guillaume (?-vers 1540). Guillaume de Beaune est le fils cadet de Jacques de Beaune (exécuté en 1527) et de Jeanne Ruzé. Le 2 octobre 1512, il épouse Bonne, fille de Jean Cottereau trésorier de France en Languedoc depuis octobre 1506. Elle lui apporte une dot de 10 000 livres. En juin 1480, il est investi des fonctions de receveur général des finances en Dauphiné et Provence. A l'avènement de Charles VII en 1483 il y ajoute le Languedoc et le Roussillon. Trésorier général de la reine Anne de Bretagne, il est remplacé dans cette charge par Jacques, fils de son cousin Guillaume, receveur du Poitou. Son père lui cède sa charge de receveur général de Languedoc vers 1516. Il devient gouverneur et bailli de Touraine en 1 522 quand son père, titulaire de cette fonction depuis 1516, obtient en sa faveur la survivance de la charge en 1522. Guillaume de Beaune est élu maire de Tours le 1er novembre 1517 et il est confirmé pour un an dans ces fonctions le 29 décembre 1518. Aux côtes de son père, il participe à des opérations de financement de la politique royale, notamment pour les guerres d'Italie. Il se trouve engagé dans le système des avances et des prêts à intérêt. Ainsi il tente d'assurer le remboursement des 100 000 écus d'Ecosse sur des offices récemment créés. Quand son père est condamné à mort, il interjette appel en son nom pour la confiscation de ses biens. Dès mars 1528 il a, dans une lettre à La Trémoille, indiqué qu'il renonçait à la succession de son père et écrit : « le peu de bien qu'il a pieu à Nostre Seigneur me donner n'a rien de commun avec celuy dudit deffunt, ne m'est subject à ses debtes ». La reine-mère Louise de Savoie nourrissait à son égard une franche hostilité, autant du reste qu'à son père. Secondée par le chancelier Duprat, elle fait diligenter les poursuites judiciaires. Guillaume de Beaune est accusé d'avoir dérobé 37 556 livres tournois. Par prudence, il quitte le royaume au mois de juillet 1528 pour se réfugier à Cologne et à Francfort en emportant l'inventaire dressé par son père. Il est reconnu coupable de crime de lèse-majesté le 11 février 1529. condamné par coutumance à être pendu et étranglé ; il perd ses offices et ses biens sont confisqués. Il obtient toutefois des lettres de rémission pour les amendes prononcées. Enfin en avril 1529 il est pardonné. Il restitue 10 000 livres au roi ainsi que des bijoux engagés par son père à un de ses créanciers. Il rentre en jouissance de la baronnie de Semblançay. . Puis il vend ses charges à Antoine Bohier le 29 septembre 1529. Par arrêt du Parlement du 1 I février 1530, la baronnie de Semblançay. la prévôté de Neuvy, le fief des Ponts-de-Tours et la vicomté, la maison de Dunois sont attribués à sa mère Jeanne Ruzé et à lui-même. La tolérance royale est sans doute l'effet de la reconnaissance des services qu'il a rendus à Marignan, en Allemagne en 1519 et en Navarre en 1521. Il reste cependant quelques temps encore en exil. La mort de Louise de Savoie en 1531 et surtout celle du chancelier Duprat en juillet 1435 lui permettent de rentrer en France, dès l'été 1535 selon Carré de Busserolle. On ignore la date précise de sa mort. De Bonne Cottereau, sa femme, Guillaume de Beaune eut cinq fils : Jean de Semblançay ; Jean de la Tour d'Argy ; Renaud de Beaune qui devint archevêque de Bourges (1527-1606); Martin de Beaune évêque de Puy et Claude de Beaune. D'où
a. Renaud (1527-1606). Renaud de Beaune est né à Tours le 12 août 1527 de Guillaume de Beaune, et de Bonne Cottereau dont il est le troisième fils. Il occupe tout d'abord des charges administratives. Conseiller au Parlement de Paris, président des enquêtes, il devient maître des requêtes et chancelier de François de Valois, duc de Tourainc. I! embrasse ensuite la carrière religieuse, fl est tour à tour chanoine de Paris, prévôt de Saint-Martin de Tours, prieur de Grandmont et abbé de la Clarté-Dieu, de Seuilly, de Bonneval, de Molesme et de Coulombe. L'évcché de Mende lui est attribué en 1568. Il est ensuite transféré à l'archevêché de Bourges le 10juillet 158!. Henri IV le nomme grand aumônier et commandeur de l'Ordre du Saint-Esprit en 1591 puis archevêque de Sens le 26 mai 1594; i! reçoit ses bulles le 29 avril 1602. Renaud de Beaune a joué un rôle de premier plan dans le règlement des conflits politiques et religieux de la fin du XVIe siècle. Animé du souci de pacification, il s'emploie à convaincre les Ligueurs de reconnaître les droits de Henri de Navarre sur la couronne de France, notamment lors des conférences tenues à Suresnes, peu de temps après l'échec des Etats de la Ligue. Renaud de Beaune parvient à fléchir le prince et il peut annoncer la conversion de Henri IV. Le 25 juillet 1593 a lieu l'abjuration à Saint-Denis. A cette occasion, Renaud de Beaune, archevêque de Bourges, entend le prince en confession, lui donne la communion et prononce le sermon. Il meurt à Paris en septembre 1606 et est inhumé dans le chœur de la cathédrale Notre-Dame. On lui doit plusieurs oraisons funèbres, notamment celles d'Anne de Thou femme de Philippe Hurault de Chiverny, chancelier de France (1589); du cardinal René de Biragues, chancelier de France (1583) et surtout celles de François, duc de Touraine (1584), de la reine d'Ecosse Marie Stuart (1587) et de Catherine de Médicis (1589). Défenseur des droits de l'Eglise gallicane, Renaud de Beaune est l'auteur de plusieurs remontrances au roi (1582 et 1588) et d'une Déclara-lion ou harangue J'aide aux Estais tenus à Blois le 15 janvier 1589. Il est aussi l'auteur d'une Traduction des pseaumes de David (imprimée en 1637) ainsi que d'une Réforma!ion de l'Université de Paris composée par ordre du roi Henri IV en 1601.
3. Martin (1497-1527). Fils aîné de Jacques de Beaune et de Jeanne Ruzé (selon Carré de Busserolle), ou troisième fils (selon Alfred Spont). Martin de Beaune naît à Tours à une date inconnue. Il devient prieur du Bois-Rayer le 20 décembre 1510 et succède dans ce bénéfice à son frère Jacques évêque de Vannes. Chancelier et doyen de l'Eglise de Tours, il est nommé archevêque de Tours le 9 août 1520 à la place de Christophe de Brillac moyennant 2 500 florins payés en cour de Rome. Ce doyen de Saint-Gatien, prieur du Bois-Rayer, chanoine de Saint-Martin, est encore cellerier de Saint-Florentin-le-Vieil d'Angers et abbé de la Couture du Mans. Il n'est alors âgé que de 23 ans, ce qui le ferait naître en 1497. Il reçoit le pallium archiépiscopal et prête serment les 5 et 24 décembre de l'année 1520. Il fait son entrée dans sa ville archiépiscopale le 16 mars 1522 en présence de son père Jacques de Beaune qui, à cette occasion, offre cinq chapes de soie violette à Saint-Gatien et cinq autres de soie blanche à Saint-Martin. Pour aider son père dans ses déboires financiers, Martin de Beaune lui remet le montant des revenus du diocèse en 1523 pour la somme de 10 000 livres. Il cherche à le consoler dans une lettre du 2 mars 1527 : « Je entendz bien par voz lettres les affaires que vous avez de deniers et d'argent. Je y foys de ma part en debvoir et obligation filiale ce que ma puyssancc peult à presser et parler à mes gens, scelleurs et fermiers, pour avoir et obtenir votre oplat que n'auriez en ce et aultres chouscs comme je vouîdroys bien... » Lors de l'emprisonnement de son père, l'archevêque se dit mort « d'ennuy et mélancolie ». Peu de faits sont connus de l'épiscopat de Martin de Beaune. Le ler mai 1524 il consacre la chapelle de Sainte-Madeleine d'Amboise et le 13 juin 1527 celle d'Estabieau fondée par Marie de Montberon, veuve d'Arthur de Villcquicr. Il refait les fenêtres de l'officiante de Tours et surtout la tribune extérieure où les sentences sont rendues. Ses armes y sont gravées. Martin de Beaune meurt le 2 juillet 1527 avant le jugement qui condamne à mort son père. Il est inhumé dans sa cathédrale, à droite du grand autel.
4. Marie de Beaune, elle épouse Raoul Hurault, général d'Outreseine.
5. Une autre fille épouse René du Chesnel, sieur d'Auge d'après le Père Anselme

DU PRE, de Cossigny, Passy

Dupré ou Du Pré (François), seigneur de Cossigny-en-Brie, conseiller. — Receveur particulier de l'octroi au diocèse de Mende en 1520 ', nommé conseiller au Grand Conseil par provisions données à Blois le 20 novembre 1530, prêta serment entre les mains du chancelier le 12 décembre 1530 et devant le Grand Conseil le 16 2. Mort en 1562. Il était fils de Jean, secrétaire du roi3. Il avait épousé Cécile Prudhomme, fille de Guillaume Prudhomme, seigneur de Fontenay-en-Brie, secrétaire du roi et général des finances 4, dont il eut trois enfants : Jean, seigneur de Cossigny, maître des comptes à Paris, Madeleine et Anne (5)
  1. M. Pelletier, op. cit., p. 201, n° 24.
  2. Ibid. — Dans Arch. nat., U 631, p. 497 et 588, la date de réception est du 24 oc
    tobre 1531.
  3. M. PELLETIER, ibid., et Arch. nat., Y 8, fol. 188v°. — Dans Les Notaires et Secré
    taires du roi..., op. cit., t. II, pi. XLI, François Dupré a pour père Nicolas Dupré, rece
    veur des amendes du parlement de Paris et pour frère Jean, secrétaire du roi.
  4. Hommages rendus à la Chambre de France..., op. cit., t. I, n° 1259 (1er mars 1557).
  5. Hommages rendus à la Chambre de France..., op. cit., t. I, n° 1260 (2 novembre
    1570).
(source: C. Trani, les officiers aux gd conseil, in mem Paris Ile de France, 1991)

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